Article de 1838. Œuvres complètes, II, p
l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Russie (?)! nous trouvons les principia rerum 1 ! » Le seul de nos maîtres qui échappe à ce défaut, c'est Saint-Marc Girardin. « Je l'ai entendu parler de Y Emile, écrit Alexandre Tourguénief à Yiazemski; il n'a pas cessé 'd'être pétillant d'esprit et de bon sens. Si la Sorbonne était plus près du faubourg Saint-Honoré, j'irais souvent à son cours 2. »
Pour achever son enquête sur le Paris intellectuel, il faut que le voyageur connaisse ses salons. Par ceux de Mme Svetchine et de la marquise de Circourt (née Khlioustina), il peut pénétrer, d'une part, dans le faubourg Saint-Germain 3; de l'autre, dans le monde littéraire. Dans l'un, la dévotion encombrante et l'étiquette pointilleuse le rebutent — ce n'est pas pour retrouver le formalisme russe qu'il a quitté Pétersbourg; mais dans l'autre, c'est un vif plaisir, pour des lettrés comme Alexandre Tourguénief et Baratynski, que de connaître Thierry, Nodier, Vigny, Sainte-Beuve, etc4. Quel honneur aussi que de voir Chateaubriand, illustre ruine, assis auprès de cette autre ruine, Mme Récamier, ou que de discuter avec Lamartine sur la traduction mot à mot qu'il faudrait pour faire comprendre aux Français le génie de Pouchkine !
A vrai dire, l'intérêt va le plus souvent vers les chefs de la toute nouvelle école : on aime à les décrire aux amis de Pétersbourg en de longues lettres où la pointe ironique manque rarement. Alexandre Dumas a mauvaise mine avec son teint de mulâtre ; ses allures débraillées cadrent mal avec sa mise prétentieuse3. Balzac est imposant quand il reçoit, couché sur un large divan, drapé