‹ La Culture française en RussieChapitre 381 sur 518 · Id., p · texte numérisé non relu

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5. Sfcankiévitch, ouvr. cité, p. 10. — Viétrinski, Granovski et son temps, p. 4. G. Œuvres, VI, p. 71.

valeur qui n'ait dû l'impulsion décisive à son professeur de littérature1.

Plus grande encore est l'influence des lectures que les jeunes gens font au hasard, et des philosophes du xvme siècle, qui dorment toujours au fond de toutes les bibliothèques2; et des journaux qui parlent de La Fayette ou de Béranger; et d'écrivains enfin qu'on jugerait inoffensifs. Qui peut être moins suspect que Joseph de Maistre? Pourtant son jugement sur le malheur qu'a la Russie d'être en dehors de l'unité catholique a fait le pessimisme de Tchaadaief , et les pages désolantes de celui-ci ont converti moins de gens au catholicisme qu'à la nécessité d'un « quatre-vingt-treize » russe. Voici, d'autre part, le marquis de Custine, qui n'est pas plus près de la Révolution que Joseph de Maistre. « Il apprend beaucoup de vérités effrayantes sur la Russie, écrit Pogodine; pour sa peinture des effets du despotisme, que nous ne remarquons pas de nousmêmes, je suis prêt à me prosterner à ses pieds 3. » — « Il a agi sur moi comme un cauchemar, comme un roc sur la poitrine, répète Herzen.... Ce pays, cette épouvantable société, c'est la Russie4! » Que faire alors, sinon soulever, renverser ce roc?

On peut dire qu'il n'y a pas de livre français qui n'y pousse, par la comparaison qu'il suggère entre deux états de civilisation; mais il faut constater qu'il y en a de spécialement dangereux, et tout d'abord, ceux de nos romantiques à tous crins. Pour eux, en effet, la victoire sur « l'ancien régime littéraire » en a été une aussi sur l'ancien régime politique5; ils s'estiment donc tenus de partager toutes les aspirations des temps nouveaux, de quelque ordre qu'elles soient. Ces aspira-

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