Khomiakof, Œuvres, I, p
trop faibles1. » C'est aussi l'avis de Biélinski; d'abord il l'a critiquée, mais il a senti, pendant que son ami Panaief lui lisait Spiridion, une révolution s'accomplir en lui. Dès lors, Gœthe, Hoffmann, Schiller n'existent plus pour lui; pour mieux adorer ce qu'il avait brûlé, il se met à rapprendre le français2. En attendant de le savoir, il rugit d'enthousiasme à chaque nouvelle traduction qui paraît. Le Meunier d'Angibault, c'est la peinture magistrale de l'ignorance et de la bassesse du bourgeois français3; Consuelo est divin; Melchior vous pénètre comme l'éclair qui découvre des horizons immenses 4 ; Mauprat est la simplicité, la beauté, l'esprit, la poésie. « Et quelle humanité dans chaque ligne, dans chaque mot!... George Sand n'a ni amour ni envie à l'égard des privilégiés, elle n'admire ni ne méprise les autres; elle ne connaît ni plébéiens, ni aristocrates; elle ne connaît que V homme 5 ! »
C'est donc en ses œuvres que la jeunesse l'étudié maintenant. « J'avais seize ans lorsque je lus pour la première fois YUscoque, écrit Dostoievski.... Je passai toute la nuit dans la fièvre 6. » — • « Mes sœurs et moi, se rappelle une vieille dame, Hous passions les nuits à nous lire des romans de George Sand ; nous les discutions jusqu'à l'aube7.... » — « Je passais des nuits entières dans ses romans, raconte le collégien Skalkovski.... Je fis même une espèce de scandale, en Quatrième Préparatoire, en donnant, dans un devoir sur une de nos lectures, au choix, le compte rendu de Lucrezia Floriani.... Du reste, on ne me punit pas 8. » Et, en effet, l'image fantaisiste qu'ils s'étaient faite de George Sand, suffisait à persuader les gar-
1. Lettre de Janvier 1842. Stankiévitch, ouvr. cité, ïl, p. 201.