Panaief, ouvr. cité, p
sont plus doux, mais tous ils sentent passer en eux comme un frisson d'épopée; vingt ans plus tard, Herzen vibre encore à ce souvenir.
« Lequel d'entre nous n'avait pas entendu les discours menaçants de Danton ou de Mirabeau? qui n'avait été jacobin, terroriste, ami ou ennemi de Robespierre? qui n'avait été soldat de la République avec Hoche ou Marceau?... Oh! que nous avons aimé les Français quand nous aspirions de toute la force de nos poumons l'air frais qui soufflait, sur le monde pour la première fois, par la grande ouverture de 1789 i ! »
Est-il nécessaire d'ajouter que les esprits ouverts à de tels enthousiasmes ne le sont plus aux influences anglaises ou allemandes? que le byronisme n'est plus qu'un objet de raillerie? que le romantisme a disparu devant le réalisme qui dépeint la Russie telle qu'elle est pour suggérer qu'il faut la faire autre? que le hégélianisme fataliste et conservateur s'est évanoui sans laisser de traces? « Où sont-ils, s'écrie Khomiakof, les fruits de l'éducation intellectuelle reçue de l'Allemagne? où est cet entraînement qui faisait citer à tort et à travers des textes inintelligibles pour les Allemands eux-mêmes, et assommer le public par des formules sèches et ténébreuses qui tuaient toute pensée* vive2? » Ce n'est pas seulement Hegel, c'est Schiller et Gœthe qui sont oubliés. Au fait, les avait-on jamais connus? « Le germanisme de beaucoup d'écrivains russes n'était que la conséquence très passagère du mouvement de la littérature française3. »
Il faut donc retirer les injures qu'on lui a dites. Biélinski bat sa coulpe : « Maudite ignorance! si j'avais su tout cela plus tôt, je n'aurais pas écrit tant de sottises 4 ». Il sait maintenant que cette influence française, dont il avait chanté le Requiem, durera toujours 8; que les déclamations sur l'immoralité de notre