‹ La Culture française en RussieChapitre 39 sur 518 · Jd., I, p · texte numérisé non relu

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des restaurateurs français àTsarskoié-Sélo, à Kamenny Ostrof. Y ers 1780, chaque endroit à la mode veut avoir un empoisonneur venu ou supposé venu de Paris1.

Les laquais et valets de chambre, plus proches du maître, réussissent quelquefois fort vite. Ce sont des personnages que M. Bourcier, chef, chez les Razoumovski 2, d'une immense domesticité; que M. Dufour, valet de chambre et parfois conseiller du Grand-duc héritier 3. Quelques-uns, qui jargonnent le russe, entrent dans l'administration par le crédit de leur patron, avec un tchine avantageux; mais, la plupart du temps, ceux bui changent de métier se font coiffeurs; si la poudre et la pommade ne leur réussissent pas, il leur restera toujours l'éducation de la jeunesse.

Il vient enfin des industriels, attirés parles promesses des agents russes, mais pour un qui réussit, dix s'enfuient, comme sous Pierre le Grand — à moins qu'ils ne se fassent marchands \ Alors, même sans capital ni crédit, la vente des babioles d'Occident les enrichira. « Billot, raconte Corberon, m'a dit avoir gagné en deux ou trois ans 10 000 roubles avec 50 roubles de fonds *. » Il est vrai que l'on court des risques ; la scène de Don Juan avec M. Dimanche a des éditions russes revues et notablement modifiées. Le sieur Godin a vendu pour 4 000 roubles d'étoffes à un comte Soltykof; comme il l'importune pour être payé, le Grand Maître de police, Arkharof, le fait « sans autre forme de procès, jeter dans une cave où il est depuis trois mois6 », et c'est là une belle revanche pour Soltykof, qu'à Paris ses créanciers avaient fait mettre au For- L'Evêque7.

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