‹ La Culture française en RussieChapitre 398 sur 518 · Sorel, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Sorel, ouvr. cité, p

justifier la politique de conquête et de pillage1. » Le seul espoir, pour qui rêve encore de progrès, c'est que la France se relève. « Cette question de sa vie ou de sa mort, de sa résurrection ou de l'anéantissement de son grand génie, me semble, écrit Dostoïevski, une question de vie ou de mort pour l'humanité européenne2. »

Les événements qui suivent ne sont pas pour faire espérer cette résurrection :1a Commune éclate, et pendant que la Russie révolutionnaire y applaudit 3, la Russie officielle resserre ses liens avec l'Allemagne : Guillaume Ier, flanqué de Bismark et de Moltke, vient recevoir, à Pétersbourg et à Moscou, les ovations de la classe dirigeante. Cependant la France se ressaisit et, sans trop le dire, on s'en réjouit, car ce relèvement oblige l'Allemagne à ne pas négliger la Russie. Alexandre II parle donc à notre ambassadeur des « sympathies indestructibles de la Russie pour la France4»; le chancelier Gortchakof nous conseille d'être forts, très forts. Puis, en 1875, la Russie s'unit à l'Angleterre pour empêcher l'Allemagne d'en finir avec ces forces renaissantes; c'est le premier signe d'une évolution que les événements d'Orient précipiteront. En 1878, l'Allemagne laisse mutiler le traité de San-Stéfano; dès lors, une alliance franco-russe est dans l'air; il faut, pour la retarder, du côté russe, un restant d'attaches allemandes et la crainte de la contagion révolutionnaire; du côté français, le mauvais vouloir de politiciens, les uns anglomanes, les autres sans énergie contre le parti qui ne veut pas d'un accord entre la République et le Tsarisme.

On sait comment, d'une part, le nationalisme russe d'Alexandre III, de l'autre, les événements de Bulgarie, détachèrent

1. Journal, septembre 1870, aussitôt après l'arrivée de la nouvelle du désastre de Sedan.

2. Delines, La France jugée par la Russie, p. 120, sans indication de source.

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