‹ La Culture française en RussieChapitre 4 sur 518 · V. Louis Paris, ouvr. cité, I, p · texte numérisé non relu

V. Louis Paris, ouvr. cité, I, p

Bourgogne que les Russes réservent, assure- t-on, pour le* service religieux. Puis, après leurs produits, des Français apparaissent '. L'Anglais John Merick amène à Moscou le jeune JeanDuparquet2. Un peu plus tard, le capitaine Margeret y rencontre deux compatriotes , Bertrand de Cassans, qui vend des bijoux, et le cuisinier du palatin polonais de Sandomir, qui fait école 3. En 1607, des seigneurs polonais, invités par le boïar Mstislavski, déclarent n'avoir trouvé de mangeable, chez lui, que certaines pâtisseries françaises4.

Des commencements d'influence intellectuelle se laissent deviner à peu près à la même époque. Sous Ivan le Terrible, Maxime le Grec — en réalité, un Albanais frotté de culture byzantine — parlait déjà au Tsar de la France, État puissant et glorieux, riche de tous les biens, et particulièrement d'une Sorbonne vers laquelle accourent, de tous les coins du monde, les amateurs de science et de philosophie; Maxime le Grec aurait été lui-même, au dire des contemporains, un des visiteurs de cette aima mater*. Quelques années plus tard, nous voyons Boris Godounof profiter des avis donnés à Ivan le Terrible. Il envoie en France six étudiants, dont l'histoire n'enregistre que le départ; on n'en reçut jamais de nouvelles 6. D'ailleurs, les préoccupations russes changeaient déjà ; le temps des troubles commençait.

La révolte du vrai ou faux Dmitri contre Boris Godounof, en 1602, a coïncidé avec la fin, chez nous, des guerres de religion. Il n'est pas étonnant que beaucoup d'aventuriers français, devenus disponibles, aient songé à s'employer dans la partie de l'Europe où l'on commençait à se battre. Après 1603, nous trouvons de nos huguenots avec les Suédois, de nos catholiques

1. Soloviof, Histoire de Russie, VIII, pp. 253, 504; Waliszewski. Ivan le Terrible, p. 153.

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