Correspondance, p
kine, pareille dégradation des Parlements... Le parlementarisme n'inspire que dégoût à qui Ta vu de près 4. » Puis, encore une fois, le mépris de notre vie politique engendre celui de toute notre vie. Forts des « documents » de nos romanciers naturalistes, publicistes et voyageurs font notre procès avec une âpreté qui laisse loin derrière elle les épigrammes de jadis. C'est que, si les gallophobes du passé s'inspiraient seulement de l'amour de la patrie russe, ceux d'à présent nous jugent en citoyens du monde — du monde à venir : leurs coups tombent de plus haut, et le fait que nous sommes maintenant les alliés de cette patrie russe n'est pas de nature à les détourner; bien au contraire !
Être l'allié de la Russie, en effet, c'est être celui du Tsar; c'est lui apporter, non seulement un appui militaire et financier, mais encore une espèce d'approbation de son autocratie, de son despotisme. Que cette approbation lui vienne de Guillaume II, personne n'y verra rien à redire; mais que ce soit de « Marianne », voilà qui est inadmissible. Que penser de nos hommes d'État républicains, d'un Gambetta qui dit à Skobélef : « Avec un Parlement, vous blaguerez cent ans sans rien faire » ; d'un Andrieux qui conseille à Alexandre III de ne pas capituler devant les bombes? Que penser aussi de nos bourgeois libéraux qui prêtent leurs économies au Tsar et se font ainsi les Shylocks du pauvre moujik, en attendant le jour où, par un nouveau prêt, à la veille de la réunion de la première Douma, ils donneront au « tyran » les moyens de se passer d'elle et d'étrangler la jeune liberté russe?
L'alliance de la France et de la Russie — une fois passés les premiers entraînements de Kronstadt — est donc peu populaire dans la fraction la plus remuante de « l'intelligence ». De bonne heure, l'opinion s'y établit qu'un « splendide isolement »