CHAPITRE XXXIII LES RUSSES A PARIS
Les voyageurs d'après la guerre de Grimée : l'aristocratie russe aux Tuileries. —
Les expositions universelles et l'affluence des roturiers. Les jugements des « intellectuels » d'avant 1870; ceux des touristes plus récents,
des Russes fixés à Paris. Leur point de rencontre. Le dernier flot : étudiants et étudiantes.
Dans ce dernier siècle, l'Europe s'est couverte de chemins de fer, et les touristes russes accourent au sifflet de leurs locomotives « comme les perdrix à celui du chasseur1 ». Une fois en Occident, ils s'y dispersent plus que jadis : on en voit maintenant devant chaque site, chaque monument, dans toute salle de cours ou de jeu; après Nice, ils découvrent Trouville et Biarritz. Se peut-il que, malgré tant d'attractions diverses, Paris reste le but essentiel de leurs voyages?
Entre 1848 et 1856, nous avons peu de visiteurs; ceux de la veille ont été rappelés en Russie ; ceux du lendemain n'ont pas encore la permission d'en sortir. Mais après la guerre de Grimée, comme en 1800, comme en 1815, un flot de Russes accourtvers Paris, « pour y voirie sphinx2 » — Napoléon III — et sa nouvelle Cour, ou simplement pour jouir des plaisirs dont on a si peu profité depuis 1830. En tête de ces voyageurs, il y en a que