‹ La Culture française en RussieChapitre 406 sur 518 · Antiquité russe, XLV (1885), p. 89. Vers de Podoîinski · texte numérisé non relu

Antiquité russe, XLV (1885), p. 89. Vers de Podoîinski

2. Anatole Leroy-Beaulieu, Un homme d'État russe, p. 105; lettre de la grandeduchesse Hélène à Miloutine,

la France n'avait plus vus depuis 1815; plusieurs grands-ducs nous visitent coup sur coup, et telle expression légendaire sur leur « tournée » dans les bas-fonds parisiens semble dater de ce temps. Derrière eux, se pressent desTroubetzkoï, des Orlof, des Galitzyne, des Obolenski, des Ghouvalof, d'autres encore, que souvent — en dépit de certain proverbe — leurs femmes accompagnent4. En ville, on ne remarque pas ces dames, car le chroniqueur assure que maintenant, « on ne distingue plus la Moscovite cérémonieuse de la Parisienne pur sang. Les mouvements, le regard, le chignon monstrueux, le vêtement si léger qu'il en est transparent, la Moscovite prend tout aux lionnes du demimonde2 ». A la Cour, cependant, celles que l'ambassadeur présente3 font sensation, comme jadis leurs grand'mères à la Malmaison ou à Saint-Cloud4, par leur nom, leurs diamants, parfois par leur beauté. Théophile Gautier les chante, évoque les « femmes-cygnes » des légendes du Nord

... il en est une Qui chez nous descend quelquefois, Blanche comme le clair de lune Sur les glaciers, dans les cieux froids 5.

Taine, de son côté, s'émeut devant « la Diane de Tauride, belle et grande comme une fille de Jupiter, pâle et blanche d'une blancheur de neige... », et, tout philosophe qu'il est, il a « presque envie de plier les genoux 6 » .

Ce flot ne se ralentit qu'en 1863, quand le spectre de la Pologne passe encore une fois entre Français et Russes7. Des salons du

1. Zablotski-Desiatovski, Le Comte Kisseliof et son temps, III, passim. — Cf. Ivan Aksakof, Lettres, III, pp. 314, 325, etc.

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