Nouveau Temps, n° 11 676, septembre
Paris soit piquante, et aussi pour le sien. « Les phrases qui abîment les étrangers ont pour les Russes un charme inexprimable. Nous ne l'avouons pas; parfois nous ne le savons pas nous-mêmes. Il y a en elles, en ces phrases, comme une sorte de vengeance pour un tort quelconque, déjà ancien. J'accorde que ce sentiment est laid; je suis pourtant convaincu qu'il existe en chacun de nous1 ». delà dit, on doit reconnaître que beaucoup de ses traits portent . L'emphase des orateurs de ce temps, au Palais, à la Chambre, à Notre-Dame, à la Sorbonne, n'a pas été signalée que par lui 2. Il n'a pas eu tort non plus de remarquer, comme Gogol3, l'insignifiance de beaucoup de conversations. « Quelle indifférence à tout!... Je me suis trouvé dans une société nombreuse ; on aurait dit qu'ils avaient tous peur de parler de ce qui n'est pas ordinaire, petit, de ce qui offre un intérêt général... C'est probablement qu'ils ont désappris à penser et à parler sérieusement4. » S'il avait voulu le faire, lui, il aurait sans doute senti que, l'intérêt général étant ce qui divise le plus, il est sage de n'y pas toucher en société. « Les grandes idées qui bouleversent le monde, » c'est fort bien; mais parler boulevard, théâtre et restaurant est peut-être encore moins vain.
Ivan Aksakof nous arrive en 1857, et bien que slavophile, avec le désir « de trouver et de comprendre les bons côtés que Dieu donne à chaque peuple 5 » . La foule, les milliers de voitures, les étalages tentateurs, le ruissellement des lumières l'éblouissent d'abord, mais bientôt le lassent; il se sent pris d'une aigreur qu'il s'efforce de combattre par une étude consciencieuse des curiosités parisiennes. Une de ses premières visites est pour la