‹ La Culture française en RussieChapitre 41 sur 518 · Antiquité russe, 1870, II, p · texte numérisé non relu

Antiquité russe, 1870, II, p

4. Dussieux, Les artistes français à V étranger, pp, 405 et suiv. — Ancienne et nouvelle Russie, 1871, I.

Les médecins tiennent mieux : « Ce pays-ci est fort avantageux pour eux, écrit le Suisse Secrétan; c'est eux qu'on paye le plus exactement *. » Ils ne sont d'ailleurs ni nombreux, ni savants, bien que les annonces de la Gazette de Saint-Pétersbourg assurent que les frères Pellier guérissent les maladies des yeux, même la cécité, avec des gouttes préservatrices; que le dentiste Chabert a des secrets contre « les coups d'air » ; que Doffémont redresse les bosses, au moyen de corsets approuvés par l'Académie des sciences et la Société des Tailleurs de Paris2. Très au-dessus de ces distingués spécialistes, Poissonnier et Fusadier, tous deux médecins d'Elisabeth, jouissent d'un sérieux crédit, bien qu'ils soient, au dire des mauvaises langues, de simples chirurgiensbarbiers des armées 3. Plus tard, le Franc-Comtois Lévêque, amené en Russie par le comte Razoumovski, est médecin du grand-duc Paul, puis directeur, à Moscou, d'un hôpital qui lui laisse assez de loisirs pour qu'il puisse écrire sa grande histoire de Russie \

Dans l'armée, Anna Ioanovna a quelques Français, vétérans des guerres de Pierre le Grand, que leur âge et la jalousie des Allemands n'ont pu encore faire disparaître5. Sous Elisabeth, surtout après 1756, il y en a davantage. En 1765, un Dubosquet commandera l'artillerie en Finlande; à Pétersbourg, c'est un Villebois, descendant de celui de Pierre le Grand. Au même moment, Bernardin de Saint-Pierre porte l'uniforme vert à revers jaunes du génie russe, mais il ne sert pas effectivement6. D'autres ingénieurs, plus sérieux, seront employés au siège d'Oczakof, qu'avaient fortifié d'autres Français et, le jour de

i. Antiquité russe, IX, p. 769.

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