‹ La Culture française en RussieChapitre 412 sur 518 · Biroukof, II, p · texte numérisé non relu

Biroukof, II, p

celle d'Âksakof, de la moyenne des avis, de ceux au moins des voyageurs qui ne songent pas à l'impression.

Après 4870, « l'intelligent » russe note qu'à Paris il n'y a plus d'élégance — toutes les dames y portent la culotte de cycliste ; plus de gaité — tous les bals publics ont des danseurs à gages ; plus de science — les découvertes d'un Pasteur sont le dernier cri d'un charlatanismejqui veut en imposer à l'Europe 1 ; plus de théâtre — ce qu'on y va voir, c'est, selon la date, les épaules de Mlle Croizette, les culottes de Mlle Myéris, ou la gorge de Mlle Boyer2. La polissonnerie française elle-même a disparu, du moins en tant que polissonnerie gaie; maintenant Gustave et Bribri sont gâteux et ne se réveillent qu'au spectacle de vices extraordinaires3. Mabiche aussi n'est plus la même; mais, à vrai dire, il faut la plaindre, car elle est la victime du cléricalisme et du code Napoléon; privée d'instruction et de personnalité, elle ne jouit même pas de la « liberté intérieure » qu'avait déjà la femme russe derrière les « trente-six serrures » du térem \ Que ne s'instruit-elle auprès de ses sœurs étrangères ! que ne lit-elle le grave Messager d'Europe? Il lui apprendrait que « nulle part au monde, — si ce n'est en France, — l'opinion n'exige plus d'une fille à marier qu'elle soit digne des fleurs d'oranger8. »

Protestons-nous? On nous ferme la bouche avec les aveux de nos écrivains. L'adultère de la Parisienne? Allez entendre Becque. Tel vice? Lisez Daudet, lisez Prévost. La basse dépravation de notre peuple? Lisez Zola : vous le mettez au Panthéon, c'est donc qu'il faut le croire. Et ils le croient, en

Page 1