‹ La Culture française en RussieChapitre 415 sur 518 · Id., pp. 107 et suiv · texte numérisé non relu

Id., pp. 107 et suiv

dans l'œuvre accomplie... dans toutes les classes de la société, il y a comme une cristallisation de rame. » En d'autres termes, après la peur de parler que tant de Russes ont dénoncée, ce qu'on nous reproche maintenant, c'est la « peur de vivre » qu'un de nos écrivains a récemment décrite *.

Nous ne trouverons ni tant de finesse ni tant de pessimisme sous la plume des « oiseaux de passage » de ces dernières années, étudiants ou étudiantes, démocrates, révolutionnaires, parfois — mais bien rarement — conservateurs honteux. Ils débutent, à la vérité, par les désillusions que nous avons trouvées déjà chez tant de voyageurs2; ils remarquent d'abord que « la princesse lointaine » dont ils rêvaient depuis si longtemps est singulièrement négligée de sa personne; que ces rues « dont on dit en Russie qu'elles sont lavées tous les jours », sont étroites et sales, surtout en comparaison de Berlin; qu'elles ont « des fantaisies de contour inadmissibles » ; que l'accueil des Français est moins chaud qu'on l'espérait — « ils n'aiment plus les Russes maintenant » ; — qu'enfin, dans « ce paradis de la démocratie », l'inégalité des conditions existe encore. Pourtant, quand ils descendent de la montagne Sainte-Geneviève et découvrent la Seine, les ponts, les boulevards, ils passent, dans ce « centre de l'humanité », par le même enivrement que les voyageurs de jadis. D'abord, même quand ils ne sont plus russophiles, les Français sont du moins polis; ils indiquent sa route à l'étranger, se montrent « bien plus sociables que les Genevois » , et c'est de bon augure pour qui va vivre parmi eux : « Je les connais encore bien peu, remarque Mlle K...; mais ils paraissent sympathiques.... Je les observerai encore, et alors qui vivra verra! » Bientôt, l'irrégularité des rues ne choque plus : elle évoque, en effet, des souvenirs dont d'autres villes

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