‹ La Culture française en RussieChapitre 425 sur 518 · Fumée, pp. 286 et suiv. de la trad. franc · texte numérisé non relu

Fumée, pp. 286 et suiv. de la trad. franc

princes russes éclataient d'un rire reconnaissant, constatant ainsi involontairement la supériorité du génie étranger et leur complète impuissance à imaginer quelque chose de récréatif1. »

En réalité, Tourguénief caricature M. Verdier et aussi les princes russes, exactement comme Tolstoï, dans les Fruits de la Civilisation, caricature lés jeunes mondains qui, après avoir longuement parlé d'un chien « épatant » , répètent une charade « épatante » elle aussi, et justement par sa complète absurdité. Mais ces caricatures relèvent de la satire sociale et non de la gallophobie, qui, d'ailleurs, y tomberait à faux. Nous avons, en effet, perdu le goût de nos pères pour les jeux de société, et l'on ne peut dire si, en les aimant moins, les Russes onc cessé ou continué de nous imiter.

Le goût du théâtre, lui, ne diminue guère. Sous Alexandre II, le Théâtre Michel est toujours accusé de ruiner le scène russe. « En ce temps-là, raconte le prince Krapotkine, l'Opéra italien était désert et l'Opéra russe n'était fréquenté que par une poignée d'enthousiastes. La crème de la société pétersbourgeoise leur préférait un vulgaire théâtre où les étoiles des petites scènes de Paris remportaient de faciles lauriers2. » Pourtant, quand les Louise Mayer, les Volny, les Pasca, les Delaporte sont revenues à Paris, elles n'y ont pas semblé « des étoiles de petite scène », non plus que les Febvre et les Worms. Le seul point noir, à cette époque — et nous avons vu qu'il existait déjà sous Nicolas Ier — c'est l'appauvrissement du répertoire; on joue de moins en moins du classique, et les critiques s'en font une arme contre le Théâtre Michel, en oubliant que les artistes n'y composent pas les programmes : si telles répétitions d' Andromague y sont interrompues, c'est que l'avis est venu, de bon lieu, que certaines loges ne tiennent pas à tous ces alexandrins 3. Les Russes sont les premiers respon-

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