‹ La Culture française en RussieChapitre 427 sur 518 · Nouveau Temps · texte numérisé non relu

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à Hernani? qui donc se délecte au Satyre? qui donc réclame Patachon? et le Théâtre Michel peut-il être encore une école, alors qu'au moins neuf spectateurs sur dix n'ont plus ni le désir ni la patience de se remettre en posture d'écolier1 ? D'ailleurs, peu importe à la critique ; ce qu'elle veut établir, c'est l'inutilité de ce théâtre coûteux. Jadis « Théâtre Impérial », il n'est plus, depuis Alexandre III, que théâtre subventionné : c'est encore trop, il faut qu'il disparaisse comme ont disparu déjà et l'Opéra Italien et le Théâtre allemand. Quelques douzaines de diplomates et de cosmopolites le regretteront; mais, par contre, le grand public se réjouira de voir répartie entre des artistes russes la subvention des Français *.

Ces attaques, qui durent depuis Soumarokof 3, dureront peutêtre encore longtemps. En tout cas, la disparition du Théâtre Michel marquera moins une fin d'influence qu'un changement de procédé. A défaut d'une troupe permanente, la Russie accueillera des troupes de passage auxquelles elle ne pourra pas adresser les mêmes reproches qu'au Théâtre Michel. Ces troupes auront peu d'ensemble ; les doublures et les triplures n'y manqueront pas, mais une étoile de première grandeur les fera passer, et, dans leur répertoire, on retrouvera toutes les pièces célèbres dans lesquelles cette étoile aura conquis sa gloire sur les bords de la Seine.

Il y a déjà eu beaucoup de ces tournées. Si nous laissons de côté celle, trop récente, où l'enthousiasme des étudiants de Kief, à la sortie du théâtre, a failli mettre en pièces Sarah Bernhardt*, celles qui paraissent avoir laissé les meilleurs souvenirs sont celles de Febvre, en 1893; de Mounet- Sully, en 1894. La faiblesse de leur entourage mise à part, les

i. Nouveau Temps, n» 11679 (octobre 1908).

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