Kirpitchnikof, dans Souvenirs d'étudiants, pp
tion. « Komenntt vohouss portess vohouss? » doit-il dire, comme certains élèves des gymnases d'autrefois 2.
Il y a encore de ces autodidactes — le nouvelliste juif Aisman vient de nous en dépeindre un dans un milieu longtemps fermé à toute influence autre qu'à la germanique — et ils ont maintenant des facilités que n'avaient pas leurs devanciers. Il arrive, en effet, que, depuis 1905, les administrations, en général, se sont moins appliquées à contrarier les initiatives privées, et que la police, en particulier, s'est aperçue que le français n'est pas forcément un véhicule de conspiration. On peut ouvrir des cours publics,; donner, sous les auspices de Y Alliance française, des conférences, des soirées où l'on dit nos monologues, où l'on joue nos comédies; dès à présent, Moscou, Kazan, Vladikavkaz, Odessa, Kief, etc., possèdent des sociétés de ce genre *. Or, c'est le divertissement français qui a fait jadis la popularité de notre langue : la même cause peut produire encore un peu du même effet.
. Il va sans dire que le succès de ces efforts suppose l'acquisition, à l'école, d'un bagage de français un peu moins léger que celui d'à présent. Y arrivera-t-on ? Depuis quelques années, on s'est dit que, puisqu'on ne pouvait avoir assez de Français de la qualité souhaitée, il fallait appeler des Russes à leur aide, et que des femmes conviendraient à cette tâche, même dans les gymnases de garçons. Idée audacieuse, mais pratique, et qui l'aurait été plus encore si l'on avait songé à la préparation de ces futures professeurs. Comme on ne l'a pas fait, que nulle part on n'apprend mieux une langue que dans son pays, que nos règlements sont libéraux et nos cours pas trop arides, que d'ailleurs Paris passe pour le « paradis des femmes »,