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sites, un enseignement moins étroit! Voici, par exemple, le futur professeur Modestof qui, en 1863, est étudiant à Bonn; Paris et la Sorbonne le préoccupent. Il y vient donc en reconnaissance, et, comme il est « philologue », c'est au cours d'éloquence latine du professeur Berger qu'il se rend d'abord. Par des escaliers vermoulus, il arrive dans une petite salle où quelques personnages pauvrement vêtus se chauffent autour d'un poêle en attendant le cours qui est, d'ailleurs, le moindre de leurs soucis ; il faut à Modestof des questions réitérées pour être sûr qu'il se trouve chez le professeur Berger, Celui-ci paraît enfin, en frac et cravate blanche; debout, sans autres papiers que des citations soigneusement préparées, il se met à parler de Caton l'ancien. Mais une heure sonne, et le professeur disparaît comme derrière une trappe, suivi de son appariteur, de son verre d'eau et des maigres applaudissements de ses douze auditeurs. Modestof, lui, reste bouche bée; ce qu'il vient d'entendre, c'est un discours, d'ailleurs agréable, mais où est la leçon? et comme tout cela ressemble peu aux séminaires de Bonn1! C'est donc que la France, qui a des orateurs, n'a pas de professeurs, et que, dans la discussion qui vient de s'élever en Russie sur le modèle à choisir pour les Universités nouvelles, les partisans du genre allemand ont raison contre ceux de ce semblant français d'enseignement. Pourtant, même alors, cette ombre a son influence. Quand Modestof soulève une tempête, en 1864, par le rapport où il signale les défauts d'une étude des anciens trop philologique, à l'allemande, il se rappelle le professeur Berger 2.
Quoi qu'il en soit, l'opinion s'enracine, en Russie, qu'il n'y a de science et d'enseignement — d'ailleurs ennuyeux3 — qu'en Allemagne, et qu'il faut s'y mettre à l'école4. Pour Tour-