‹ La Culture française en RussieChapitre 442 sur 518 · Golovine, Le roman russe, p · texte numérisé non relu

Golovine, Le roman russe, p

losophe, un libre penseur, ou peut-être un réactionnaire habilement grimé1? Dans le doute, on le néglige jusqu'au jour où l'effondrement momentané de la censure permet d'entreprendre, de plusieurs côtés à la fois, des traductions de la Vie de Jésus *. En définitive, un seul de nos philosophes, avant Bergson, a de l'influence; c'est Guyau. On goûte « la profondeur et la logique de ses analyses, sa forme parfois poétique, son idéalisme pratique et bienfaisant, son souci des questions sociales, son espérance d'un progrès indéfini, sa conviction que tôt ou tard la moralité deviendra, chez nous, organique, inhérente à notre nature3 ».

Notre critique littéraire est plus appréciée; « elle a, dit-on, et gardera la primauté4 ». Cela n'empêche pas qu'on reproche à la plupart de nos critiques de prendre des actualités éphémères pour des manifestations importantes, de manquer de « mesure objective » et de largeur d'idées ; de mal comprendre l'âme étrangère et surtout l'âme russe5; on lès en punit donc, un peu à tort et à travers. Personne, en Occident, n'a mieux que Francisque Sarcey parlé du théâtre d'Ostrovski6; le voilà traité pourtant, de « figure comique et attristante », de « curieuse manifestation de la blague parisienne, dans toute son étroitesse et sa banalité7 ». Brunetière a un disciple très distingué, le critique Sipovski; et, d'autre part, le suffrage de Tolstoï, pour avoir proclamé la banqueroute de la science8. Jules Lemaître, lui, n'a pas de principes, mais seulement de l'es-

i» Voir articles de la Revue russe (Rousskoïé Obozriénié), 1892, 1893, du prince Troubetskoï dans la Pensée russe, mars 1898. — De même, dans le Messager d'Europe, mai 1889, etc.

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