‹ La Culture française en RussieChapitre 444 sur 518 · Voir Krapotkine, Autour d'une vie, p · texte numérisé non relu

Voir Krapotkine, Autour d'une vie, p

tion française d'Albert Sorel1. Dans ces dernières années enfin, l'horizon s élargit; on traduit Fustel de Coulanges, et Ton fait grand accueil à des œuvres de vulgarisation scientifique, telles que Y Histoire générale de Lavisse et Rambaud. Il semble tou- , jours qu en histoire comme ailleurs, l'initiation soit plus facile à travers une œuvre française2.

En définitive, pendant ces cinquante années, ce sont rarement nos livres qui ont exercé le plus d'influence; pourtant, dans presque tous les domaines, ils ont gardé une place au moins aussi grande que celle des livres en d'autres langues, et cela malgré la faveur dont jouissent ces derniers auprès d'un corps enseignant qui est lui-même, en grande partie, un produit allemand.

Restent les œuvres d'imagination, et là, le recul est peut-être plus marqué, pour une raison qui n'est pas d'ordre littéraire. Depuis les années quarante, les Russes ont été de plus en plus préoccupés de questions sociales et politiques ; leur littérature est devenue tendancieuse dans la mesure où la nôtre a cessé de l'être. On sait, en effet, que, depuis George Sand, nos romanciers n'ont plus guère prêché; que notre théâtre, en dépit des exemples Scandinaves, est resté plus préoccupé du malheur des maris que du bonheur de l'humanité; que, suivant l'expression de Tolstoï, « l'obsession de la femme » continue à empoisonner notre littérature3. On s'est donc remis à nous dire, comme le Scythe de Voltaire,

Votre nuit est venue après le plus beau jour, La disette aujourd'hui succède à l'abondance

ou, plus exactement, à la façon de M. de Vogué, « la haute

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