Développement des idées révolutionnaires, p
480 LE DECLIfl DES INFLUENCES FRANÇAISES.
du midi, Rudyard Kipling accourt de l'Inde, et le roman français se défend d'autant plus mal que l'opinion s'est accréditée, qu'il est « tombé dans un réalisme qui confine de bien près à la pornographie4 ». Dans les revues avancées de la fin du xixe siècle, Ja Richesse russe ou la Pensée russe, il n'a plus aucune place : dans les revues de teinte plus pâle, il en perd sans cesse. Prenons, par exemple, les dernières années du Messager d'Europe. Il traduit ou analyse longuement :
En 1896,
20 romans français,
7 romans non français,
Il est vrai qu'après 1906, notre moyenne se relève à mesure que décroît la fièvre politique, et le fait est à noter pour les Russes qui s'entêtent à croire aux Allemands une vertu sédative, aux Français un venin dangereux.
Tout compte fait, notre place relative a décru; encore la popularité ne va-t-elle pas — Guy de Maupassant mis à part2 — aux meilleurs de nos romanciers. Le favori de la Russie, pendant vingt ans, c'est Zola qui l'inonde, non seulement de ses romans3, mais encore d'articles « pour l'exportation4 »; à sa mort, le Messager d'Europe nous montre nos académiciens confus et se disant tout bas :
Rien ne manque à sa gloire ; il manquait à la nôtre.
1. Novikof, L'expansion de la nationalité française, pp. 65, 70.