‹ La Culture française en RussieChapitre 448 sur 518 · Ivanof, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Ivanof, ouvr. cité, p

3. Voir la table des matières du Messager d'Europe, 1891, p. 6G. k. Messager d'Europe, série des Lettres parisiennes, etc.

Du moins ne manque-t-il pas longtemps à la Russie, car elle trouve bientôt son successeur en Octave Mirbeau. Tandis que Bourget, Loti, Rod, Fabre, Bazin, Barrés sont loués *, la plupart du temps, du bout des lèvres, Mirbeau est traduit, retraduit; récemment, ce qu'un jeune Russe frotté de lettres avait lu de notre littérature, c'était, deux fois sur trois, le Journal d'une femme de chambre ou les Vingt et un jours d'un neurasthénique 2. C'est qu'en effet, comme Zola, « Mirbeau dit aux Français des vérités qui ne leur ont jamais été dites avec autant de hardiesse, autant de sincérité 3 » ; on traduit donc, de La 628, E. 8, à titre de document historique, la description de la famille française type, où le père est lourdement plaisant, la mère avare, le fils unique, comme de juste, et crétin précoce. Comment une telle puissance d'observation ne ferait-elle pas passer sur tout le reste?

Il convient d'ajouter que ces jugements sont ceux de « l'intelligence » déjà formée ; l'intelligence en formation est moins soucieuse de satire que d'amusement, et il lui arrive encore de le chercher dans des Français presque oubliés chez nous et que répandent en Russie des traductions qui valent, ou à peu près, quelques-unes de celles qu'on nous fabrique des meilleurs auteurs russes; de même que, dans celles-ci, du Portoioine devient du « vin des ports », dans celles-là « le bien-être général » est rendu par « qu'il est bon d'être général! », ou du moins la légende l'affirme4. Qu'importe, du reste! En 1883, la Bibliothèque populaire de Nijni-Novgorod prête trois fois plus de Montépin que de Lermontof, deux fois plus de Gustave Aymard que de Chtchédrine s. En 1884, Dostoievski

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