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490 Lb DÉCLIN DES INFLUENCES FRANÇAISES.
quel culte il a eu pour George Sand, pour Balzac, pour Victor Hugo. C'est celui-ci surtout qui semble l'avoir inspiré : la Fantine des Misérables et la Sonia de Crime et châtiment, déchues toutes deux et relevées toutes deux par la bonté, se ressembleraient comme des sœurs si leur bonté découlait de la même source. Mais Fantine est bonne par instinct et parce qu'elle est mère; Sonia, par la vertu de l'Evangile qu'elle lit à Raskolnikof. Mettons qu'il y ait en elle une part de l'âme de Fantine, et dans celle-ci, du christianisme qui s'ignore, elles n'en présentent pas moins la différence qu'il y avait, tout à l'heure, entre Patience et Gassiane. Le lien pourtant n'est pas douteux, mais la langue manque du terme qu'il faudrait pour rendre sensible l'impulsion que la pensée d'un écrivain peut donner à une autre pensée très distante. Tout compte fait, l'opinion prudente est celle de Boborykine qui, comme Zola, rattache Dostoievski à nos romanciers, surtout par son goût pour les histoires de crimes1.
Quant à Tolstoï, autre exemple de M, Lemaître, que, MM. Faguet et Leroy-Beaulieu ont vu, l'un, « tout entier dans Rousseau2 », et l'autre, « tout entier spontané, russe, national3 », nous avons heureusement des témoignages qui ne laissent plus de place à aucun doute.
« Je suis l'obligé de Stendhal, a-t-il dit lui-même; je lui dois d'avoir compris la guerre. Relisez dans la Chartreuse de Parme ce récit de la bataille de Waterloo : rappelez-vous Fabrice traversant la bataille sans y rien comprendre... Je le répète; pour tout ce que je sais de la guerre, mon premier maître, c'est Stendhal 4. » Relisez en effet la chevauchée de Nicolas Rostof , à Austerlitz, entre les deux masses qui vont s'aborder, la parenté des inspirations est évidente. Mais Tolstoï historien a eu un
i. Boborykine, ouvr. cité, p. 13.