‹ La Culture française en RussieChapitre 459 sur 518 · Guerre et Paix, II, p · texte numérisé non relu

Guerre et Paix, II, p

force des- troupes est aussi le produit des masses multipliées par un facteur qui est x. Cet a?, c'est l'esprit des troupes1. »

De la vanité de la gloire guerrière, Tolstoï passe à celle des travaux de la paix, et alors Rousseau devient son guide. Nous savons qu'encore adolescent, il a lu Y Emile etles Confessions qui lui ont fait une impression immense, la Nouvelle Héloïse, qui lui en a fait une très grande*; que, d'ailleurs, il adorait toute l'œuvre et tout Fauteur — « A quinze ans, je portais au cou son portrait comme une image sainte » — et que ce culte n'a pas été affaibli par les années. « J'ai relu récemment quelques-unes de ses œuvres, et j'ai éprouvé le même sentiment de relèvement moral et de respect que dans ma jeunesse3. » Rien de plus naturel alors qu'il Fait suivi dans sa vie et dans son œuvre. Dans sa jeunesse, de la même façon que son maître avait renoncé à la poudre et à l'épée, il veut renoncer à sa voiture et à ses laquais, « Je ferai moi-même ma chambre. Mon domestique est un homme comme moi : je ne veux pas qu'il travaille pour moi. J'irai à l'Université r pied4. » Puis, quand il s'est fait, comme Rousseau, « cette originalité qui n'est autre chose qu'un amour-propre excessif5 », il l'imite dans ses angoisses, dans ses confessions; il a la même manière, pour reprendre l'expression de Tourguénief, « de tuer ses puces ». Il l'imite encore dans ses ferveurs religieuses : comme Rousseau, il redécouvre le christianisme et l'Évangile 6. Il passe ensuite aux problèmes d'éducation, applique VÉmile dans l'école de Iasnaïà Poliana et dans l'éducation de ses propres enfants, et s'aperçoit, comme Rousseau, « qu'il n'y a, dans la doctrine des sages, qu'erreur et folie7 ». Les sciences,

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