‹ La Culture française en RussieChapitre 46 sur 518 · Fone-Vizine, Lettres de France, 18-29 septembre · texte numérisé non relu

Fone-Vizine, Lettres de France, 18-29 septembre

il était difficile, d'une part, de douter du désintéressement de Diderot1, et, de l'autre, de deviner ce qu'il voulait de l'Impératrice; il n'y avait pas de témoins* à ces entretiens, où, prétend-elle, ses tapes lui meurtrissaient les cuisses, et quant aux gens de Cour, il ne leur parlait guère, soit que, d'une façon générale, il les ignorât, soit qu'il eût profité des conseils dédaignés par notre marquis de tout à l'heure. Au début, et à tout hasard, on essaya de le caresser, dans la pensée qu'il deviendrait, peut-être, un dispensateur de grâces; quand on fut édifié là-dessus, on ne s'occupa plus de lui : « on pense avoir assez fait quand on a dit : Diderot, c'est un savant! » 2. La société du temps de Catherine II est encore loin de celle que nous verrons, sous Alexandre Ier, porter Mme de Staël en triomphe.

En définitive, tous ces voyages de Français dérivent de la gallomanie plus qu'ils ne la produisent. Seuls, les précepteurs ont une action qui mérite qu'on les étudie à part; mais — outre qu'ils ne sont pas tout à fait des voyageurs — ils ne sont venus, eux aussi, qu'au fur et à mesure des progrès de la gallomanie.

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