CHAPITRE VI
Leur rareté jusqu'en 1756 : leur multiplication après la première alliance francorusse.
Le voyage : ses étapes. Les impressions du début : leur mise au point.
La journée du voyageur qui s'ennuie; celle de l'autre. Les Kusses de boutiques, de salons, d'académies, de théâtres.
Le jour du départ : les diatribes et les dithyrambes. Les jugements rassis.
Sous les successeurs immédiats de Pierre le Grand, la Russie se repose et n'envoie guère au dehors que des diplomates. On signale à Paris, en 1728, le Betski dont Catherine II fera un quasi-ministre de l'Instruction publique; il est alors courrier d'ambassade1. Puis, après la guerre de la succession de Pologne, le prince Kantémir nous arrive en qualité d'ambassadeur. Grand lettré, il avait toujours rêvé de vivre à Paris qu'il connaissait, à l'avance, pour en avoir traduit des descriptions2. Pourtant, il y débute par une déception : « Mon seul désir est de partir d'ici », écrit-il à sa sœur, un mois après son arrivée. Un an après, il confesse, qu'au milieu des écrivains qu'il fréquente, il a la vie la plus agréable qu'on puisse mener3.
De voyageurs venus chez nous autrement que pour affaires de service, on ne peut guère citer, en ce temps, qu'un Pierre Apostol, passé à Paris vers 1725, et, un peu plus tard, le