‹ La Culture française en RussieChapitre 464 sur 518 · Séménof, Mercure de France, juillet · texte numérisé non relu

Séménof, Mercure de France, juillet

En définitive, la Russie littéraire s'est éloignée de nous; mais, si grande que soit la gloire de ses écrivains récents, on ne peut pourtant dire que son émancipation lui ait profité de tout point : les plaintes de Biélinski sur la décadence de la forme et du goût s'entendent encore aujourd'hui. L'émancipation est-elle, d'ailleurs, aussi complète qu'on l'imagine parfois? Nos pensées, jadis « greffées à l'organisme russe1 », n'en ont pas été éliminées : de nos procédés, les uns sont imités, les autres systématiquement altérés. Assurément, les deux littératures si longtemps unies font mauvais ménage ; mais il s'en faut qu'elles aient divorcé. Écoutez plutôt Gorki — Gorki lui-même! — assurant qu'aux jeunes écrivains russes il ne cesse de répéter : « Lisez les Français, encore les Français, toujours les Français2 ».

1. Dostoïevski, cité par Vladimir Karénine, Georges Sand, pp. 38, 39.

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