CHAPITRE XXXVIII
Les idées des années cinquante et soixante : ce qu'elles ont encore de français. L'influence de George Sand.
La révolte contre la famille, la société, la culture en général et la culture française en particulier.
La guerre de 1870, la Commune, la troisième République. Les réfugiés russes à Paris; le culte de la Révolution française. v
La révolution russe ; ses emprunts à notre langue, à nos idées ; ses réminiscences de notre histoire.
Les idées politiques de « l'intelligence » — comme on appelle, depuis un demi-siècle, le monde nouveau qui se forme autour des Universités — paraissent d'abord plus allemandes que françaises. Il semble, en effet, que leur point de départ, ce soit la négation religieuse des « années soixante » dont les propagateurs ne sont pas français : c'est pour Moleschott et Darwin que la jeunesse russe de ce temps est « prête à donner sa tête1 » ; c'est avec Force et Matière, de Bûchner, que l'étudiant Kirsanof essaye de « moderniser » son père2. Quand, après 1870, la négation politique et sociale passe au premier plan, c'est de Lassalle et de Marx qu'elle se réclame, et plus que jamais, c'est « à l'allemande, avec une intonation dure », que l'on prononce le mot « principes3 ».Mais le ton ne fait pas la chanson à lui tout seul.
La crise politique de 1848 n'a pas produit en Russie la même