‹ La Culture française en RussieChapitre 469 sur 518 · Stepniak, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Stepniak, ouvr. cité, p

prestige : « dans nos œuvres littéraires, l'homme qui obéit à la morale conventionnelle est toujours d'une parfaite trivialité1 ». Ce qu'il faut à l'homme d'à présent, c'est « l'indépendance d'esprit » qui lui fera répudier cette morale ; c'est ensuite « une compagne intelligente 2 » qui ne tiendra pas à l'enchaîner par un mariage, car « le libre amour est le principe que l'intelligence s'efforce de donner pour base à la famille3 ». Seulement, comme la famille russe est encore « moyenâgeuse et barbare », le libre penseur risquerait fort de rester sans « compagne intelligente », si George Sand n'avait revendiqué les droits de la femme, car « toutes les fois que la femme les réclame, elle commence par demander la liberté de l'amour. On l'a vu dans les temps antiques, puis en France, aujxviii6 siècle, à l'époque de George Sand. On le voit maintenant en Russie4. »

On le voit, en effet, mais moins souvent que ne le croit Stepniak.Ily a, en effet, des traditions inconscientes qui subsistent et protègent parfois ; il y a aussi dans George Sand une part d'idéalisme généreux qui répugne à certaines conséquences. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la crise « georgesandienne » disloque les familles de la classe cultivée : « il n'y en avait presque pas où les parents ne fussent brouillés avec les enfants 5 » . Les fils, les filles courent les universités, les clubs, les barricades, pour en revenir parfois brisées par l'orage, comme cette sœur de Sophie Kovalevskaia qui rentre chez elle avec un proscrit sauvé à grand'peine, un ancien membre de la Commune qu'elle n'a peut-être aimé que pour affirmer son « indépendance d'esprit6 ».

Mais la révolte contre la famille n'est qu'une étape vers le but

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