‹ La Culture française en RussieChapitre 472 sur 518 · Russland vor und nach dem Kriege, p · texte numérisé non relu

Russland vor und nach dem Kriege, p

disparaîtra ensuite la classe sociale qui en avait le privilège. L'homme du jour ne souillera donc plus ses lèvres de mots français — dans les romans et les nouvelles on les réserve de préférence aux personnages ridicules ou tarés 1 ; il manifestera un froid mépris pour notre art et notre théâtre, car, seuls, des hommes sans conscience et des femmes sans pudeur peuvent s'y intéresser; il portera le plus longtemps possible une chemise sale et il aura les ongles noirs, pour protester contre les mains blanches et les manchettes de Paul Kirsanof et des autres « polissons » de son espèce2; il sera grossier, en société, et très fier de sa grossièreté3, qui marque sa rupture avec l'Occident bourgeois — et il oublie qu'il y a eu, dans cet Occident, un certain Rousseau qui, lui aussi, s'est fait « caustique et cynique par honte », et qui a « méprisé la politesse parce qu'il ne savait pas la pratiquer4 ». C'est ce Rousseau que le « nihiliste » imite dans ses gestes, de même qu'il lui a emprunté ses invectives contre les arts et son rêve de ramener l'humanité « à l'ignorance, à l'innocence et à la pauvreté 9 ».

Dans les années d'après 1870, les allures se modifient : la mode n'est plus autant au linge sale, aux cheveux coupés court, aux lunettes ; si, pour être socialiste, on devient encore ce derviche6 », on ne se croit plus obligé de le notifier par ses dehors au monde entier et à la police. Le temps n'est plus, en effet, aux anathèmes platoniques; nous savons que « la Commune n'a pas passé en vain » ; que le nihiliste a « vu couler le sang, entendu les cris déchirants des femmes et des enfants mitraillés sur les bastions 7 » : maintenant il condamne et il exécute pour

i . Voir notamment la Retraite, d'Erastof, dans le Savoir, t. XIII.

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