‹ La Culture française en RussieChapitre 479 sur 518 · Duc de Broglie, Le secret du Roi, I, p · texte numérisé non relu

Duc de Broglie, Le secret du Roi, I, p

d'autre part, combien d'aversion aveugle pour la France n'y a-t-il pas eu dans la Russie officielle, et du xvme siècle, et surtout du xixe! Assurément, si le développement de la culture française en Russie n'avait dépendu que des gens en place, ici ou là-bas, il ne serait pas allé loin.

Il y a, par contre, des États qui ont favorisé le progrès de la Russie, et justement, selon l'expression de Douglas, pour « se l'assujettir »; ce sont les États allemands. Chambellans, généraux, professeurs, impératrices et sages-femmes *, ils ont tout fourni à la Russie. A l'influence de ces missionnaires s'est ajoutée, dans l'Empire même, celle des Allemands des provinces baltiques, et l'une et l'autre sont loin d'être épuisées; on s'en convaincrait vite avec une simple collection d'annuaires 2. Or, qu'ont-elles donné à la Russie? Sans doute, pour une part, le développement de ce que Bakounine appelait l'Empire knoutogermanique 3 ; mais, beaucoup moins, celui de la nation ellemême. Dès qu'elle a pu choisir entre les cultures, elle s'est détournée de l'Allemagne, de sa langue, de ses livres, de ses mœurs. C'est, disent les Allemands, que, paresseux et frivoles, les Russes étaient prédestinés à la corruption welche 4 ; à quoi les Russes répondent que les Allemands ont assumé, en Russie, le rôle de sbires du pouvoir; que, par servilité naturelle, ils en ont exagéré l'odieux8; qu'ils sont brutaux, qu'il fallait un colonel Schwartz pour cracher à la figure des vétérans du régiment Préobrajenski 6 ; que leur joie est de dénigrer odieusement les autres races 7; que, d'ailleurs, même avec des qualités, ils sont insupportables. Herzen, demi-allemand par sa mère, se plaint qu'à Londres, où les réfugiés politiques devraient se

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