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ao LA CONQUÊTE FRANÇAISE.
et corrupteur1 ». Ce n'est pas Catherine II qui les en empêchera: n'a-t-elle pas été l'élève, à Stettin, de la Française Mlle Gardel, et à Pétersbourg, du plus français des Polonais, du Poniatowski dont elle fera un Roi?
Golovkine assure que son règne vit l'éclipsé définitive des Allemands. « Après 1764, dit-il, on ne vit plus que les manières de Paris ou de Moscou. La jeunesse prit les unes, les vieillards revinrent aux autres, et les caricatures d'Allemands entés sur des Russes disparurent tout à fait 2. » En fait, même à Moscou, c'est le ton français, ou supposé tel, qui; domine : Thesby de Belcour assure, en 1774, que les dames y sont décolletées <l comme des nourrices », et que leurs conversations le mettent mal à l'aise 3. Les solécismes, d'ailleurs, y abondent, comme à Pétersbourg, comme partout. « Les gentilshommes russes, remarque l'Anglais Macartney, parlent librement le français, mais ne sont pas en état de l'écrire correctement, ni avec précision4. » Dans la cour fort mêlée de Catherine II, on sent trop, du moins au début, que les vieux n'ont rien lu, et que les jeunes ont lu surtout le petit livre de l'académicien Clerc : VArt de débuter dans le monde avec succès*. Aussi les fêtes de cour sont-elles presque aussi languissantes que sous Elisabeth : « Je ne me suis pas amusé à cette mascarade, écrit Corberon, la gêne et la contrainte qui y régnent en ôtent tout le charme. » Même ailleurs qu'à la Cour on s'ennuie : « Je suis allé chez les Czernicheff... Imagine, mon ami, un cercle de huit à dix femmes bien droites, bien silencieuses, qui ne s'ébranlent que pour se mettre à différentes tables de jeu. Cette journée m'a paru longue6. »
On essaye de se ranimer en arrangeant des pique-niques.
i. Viazemski, Œuvres, V, p. 172.