Corberon, ouvr. cité, II, p. 117. — Id., p
— « On y va en traîneau, on revient de même, et on croit s'être amusé1 », — et aussi des petits jeux, colin-maillard ou « trainballet », qui finissent souvent « par une polissonnerie générale2 ». On voit donc, au Palais d'Hiver, sortir des chambres de l'Impératrice, sept dames dont Grégoire Orlof, Léon Narychkine, etc. ; le prince Biélossielski, encore plus ridiculement affublé que les autres, fait leur mère. On leur donne du punch, et les voilà qui « jouent, dansent, font mille polissonneries 3 ». Encore sont-elles plus décentes que le prince de Ligne qu'on verra, soi* collier de la Toison d'or au cou, « jouer à brocheen-cul, et se mettre des mèches de papier au derrière4 »
Le théâtre est une distraction plus relevée. Les troupes françaises se renouvellent constamment sous les yeux d'un public déjà capricieux sans être encore délicat. Soumarokof se plaint des spectateurs qui parlent plus haut que les acteurs, cassent bruyamment des noix, échangent des coups de poing : « Voyageurs, répondez-moi : à Paris et à Londres, trouble-t-on ainsi le parterre et tes loges ? » D'autres spectateurs ne veulent s'intéresser qu'au ballet, à tel acteur, à telle actrice. « Ils n'écoutent, constate un journal, ni Mahomet, ni Harpagon, ni les paroles qui pourraient ennoblir leur âme ; ils ne se préoccupent que de la voix et des costumes de tel ou tel5. »
Le progrès vient, vers 1170, grâce à une mode elle aussi importée de France. On sait qu'en ce temps, il n'y avait, au dire de Bachaumont, « nul procureur qui ne voulût avoir des tréteaux et une troupe6 ». Sur ces scènes improvisées montent des amateurs de tout rang; une reine y joue la Rosine du Mariage