‹ La Culture française en RussieChapitre 8 sur 518 · Racine à La Fontaine, 11 novembre, Œuvres, VI, p · texte numérisé non relu

Racine à La Fontaine, 11 novembre, Œuvres, VI, p

4. Bibliothèque russe et polonaise, nouvelle série, III, Journal du S1 de Catheux, pp. 20, 21.

fort attentifs à toutes les sciences philosophiques ou mondaines 4... »

Cependant, à Moscou, c'est toujours l'allemand qui est la langue des rapports avec l'Europe ; les Anglais et les Hollandais sont tenus de l'apprendre2; il n'y a pas encore, au Kreml, au Bureau des Ambassades, de traducteurs pour le français3. D'ailleurs, que traduiraient-ils? nos livres n'ont pas encore passé la frontière. Chez Silvestre Medviédief, sur 539 volumes, pas un n'est français4; chez le prince Vassili Galitzyne, notre littérature n'est représentée que par une traduction polonaise de la légende de la reine Maguelonne 5. Le Grand Boïar Artémon Matviéief est plus avancé ; on trouve chez lui, à sa mort en 1677, trois livres français, dont les titres n'ont pas été conservés, contre un livre hollandais, un italien, quatre polonais, douze allemands et quarante-deux latins 6.

Cette prédominance nouvelle du latin, qu'on explique par des influences polonaises, est pourtant un acheminement vers la culture française. La plupart de ces livres ont été imprimés en France; ils portent des annotations françaises; les souvenirs classiques dont ils sont pleins préparent à comprendre nos œuvres. D'autre part, ils ébranlent le prestige des Allemands, de leur culture, de leur langue, si longtemps crue la seule indispensable. Voilà déjà qu'un des maîtres de l'Académie gréco-slavo-latine fondée par le tsar Alexis Mikhaïlovitch, un immigré de la Russie polonaise, Siméon de Polotzk, vante la science française, presque dans les mêmes termes que jadis Maxime le Grec.

Il y avait jadis un roi de France qu'on appelait François I8r; il aimait les belles-lettres et les sciences (tandis que ses ancêtres ne les aimaient pas, et

1. Antiquité russe, 1883, novembre, pp. 279 et suiv., article d'ikonnikof.

2. Tsviétaief, art. cit., rapport du résident hollandais Keller.

3. Soukhomlinof, La connaissance des langues dans V ancienne Russie. Cf. Péretz, Journal du Ministère de V Instruction publique, 1905, octobre, p. 344.

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