‹ La Culture française en RussieChapitre 84 sur 518 · Masson, Mémoires secrets, p · texte numérisé non relu

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dants en profiteront largement. Le témoin de Pouchkine, dans son duel avec le demi-Alsacien Dantès, sera le fils d'un outchitel alsacien *, le colonel Danzas.

A côté de l'enseignement à la mode, les écoles de l'État font longtemps médiocre figure, et la culture française n'y prend qu'assez tard une place importante. Sous Pierre le Grand, il y a bien quelques Français dans la masse des professeurs engagés pour ses instituts, mais ils ne sont pas, en général, professeurs de français : à l'Académie des sciences, Duvernoy professe l'anatomie; Delisle, l'astronomie; Bernouilli, les mathématiques. D'ailleurs — si nous mettons à part les leçons particulières qu'ils peuvent donner à de très rares aristocrates, celles, par exemple, de Bernouilli au jeune prince Kantémir — ils n'ont pas d'élèves, pour la simple raison qu'ils ignorent le russe, et les boursiers de l'Académie le français2. Il faut aller jusqu'au règne d'Anna Ioanovna pour constater un progrès. Munich réorganise le Corps des Cadets, et y introduit l'enseignement du français à côté de celui de l'allemand. Dès 1732, les archives du Corps témoignent que, sur 282 élèves, 91 ont choisi le français, et obtenu des succès que, sans doute, leurs certificats de fin d'études exagèrent3 : il semble bien que les meilleurs d'entre eux aient appris tout juste à lire nos auteurs; quand plus tard ils s'aviseront, comme Soumarokof, d'écrire ou de parler en français, ce sera dans un jargon presque incompréhensible.

Le règne d'Elisabeth n'améliore guère cette situation. Sa grande œuvre, en fait d'instruction publique, c'est l'Université de Moscou. Or, elle a été fondée sur le modèle des universités allemandes; les professeurs allemands, dès le début, y sont

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