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Louis » qui serait inspectrice des classes. « Pour empêcher les sots de crier à la nonne française et à l'hérésie, il faudra, sous prétexte d'éducation particulière, lui confier d'abord une ou deux orphelines dont on ferait ensuite des institutrices, et ainsi, peu à peu, on se débarrasserait des Françaises1 ». Plus tard, elle eut peur de la « nonne française », même provisoire; elle commença Smolny avec une princesse Dolgoroukova, et, quand il lui fallut, bientôt après, se rabattre sur une Française, elle en chercha une qui, avant tout, ne fût pas catholique. Elle trouva dans Pétersbourg une dame Lafon qui se faisait appeler de Lafon. Nous ne répéterons pas ce que Corberon, fidèle écho des on-dit pétersbourgeois, rapporte d'elle, de ses filles, de ses sous-maîtresses2; ce qui est sûr, c'est que ce personnel où tout le monde, « jusqu'au suisse », est étranger, remplace aussi mal les Dames de Saint-Louis que Catherine elle-même remplace mal Mme de Maintenon 4.
Les programmes d'enseignement, à Smolny, sont aussi ceux de Saint-Cyr, modifiés pourtant par cette idée, venue de France, elle aussi, mais d'une France plus moderne, qu'il ne faut ni contraindre les esprits, ni alourdir l'enseignement5; qu'il faut suggérer le goût de la lecture et des belles-lettres et, d'autre part, insister sur les sciences plus que jadis : on fait de la physique à Smolny, et c'est là une grande nouveauté! Où devait s'arrêter cette physique? on sait que ce fut un sujet de discussion entre Catherine et Diderot. Celui-ci voulait y comprendre l'anatomie, jusques et y compris les détails intimes que la sagesse de toutes les nations écarte de l'enseignement; il avait même trouvé à Paris une doctoresse, Mlle Bihéron, qui consentait, non seulement à faire don de ses collections anato-