‹ La Culture française en RussieChapitre 89 sur 518 · Demkof, ouvr. cit., Il, p · texte numérisé non relu

Demkof, ouvr. cit., Il, p

avait préparées. Toute leur éducation, c'était l'art de jouer la comédie1.... » Corberon constate, de son côté, que « les jeunes personnes du monastère » ont acquis « toutes les grâces de nos belles dames de Paris » ; qu'elles sont bonnes musiciennes, bonnes comédiennes, agréables danseuses, qu'elles ont « la plus jolie conversation », mais aussi que « le goût du plaisir brille dans leur regard » et que « le monde leur paraît bien séduisant2 ». Auront-elles le moyen d'y briller? demande-t-il ; et la réponse est que la plupart sont pauvres et qu'on leur donne cette éducation pour les dédommager de leur pauvreté 3. Alors il cherche les acquisitions Solides qui pourraient compenser le mal, et que trouve-t-il? « La Dougny, la Glinski n'ont aucune idée de religion, de catéchisme;... la petite Chtcherbatof, qui est sortie de l'Institut avec la médaille, a des connaissances telles qu'on est obligé, chez ses parents, de lui montrer à écrire 4. » C'est le père qui l'a dit à Corberon, et ses boutades sont sujettes à caution; toujours est-il qu'à Smolny, sous des dehors plus brillants, les effets fâcheux des éducations particulières ne font que s'aggraver.

Dans tout autre établissement public de ce temps, nous retrouverions l'étude de notre langue et la pratique de notre théâtre mises au premier plan, sinon des programmes, du moins des occupations. Nous avons déjà vu les élèves de l'Académie des sciences donner, à sa séance solennelle, une comédie et un ballet 8. Il en est de même aux Cadets, qui ont singulièrement changé depuis le temps de Soumarokof. « A l'époque des Allemands, explique Golovkine, les sortants de l'École étaient de jeunes rustres qui mettaient la grossièreté des manières à la place de la franchise du caractère. » Maintenant, ce qu'on voit

Page 1