‹ La Culture française en RussieChapitre 91 sur 518 · Antiquité russe, 1875, XII, pp · texte numérisé non relu

Antiquité russe, 1875, XII, pp

liance de 1756, les aristocrates reparaissent. En 1788, Alexandre Vorontzof, qui a dix-sept ans, arrive à Versailles; il y est admis à l'Ecole des chevau-légers, et sans doute, il y reçoit d'excellentes leçons, car, moins de deux ans après, il paraît assez aaûr pour qu'on le nomme chargé d'affaires à Vienne. A la même époque, il est question d'un comte Ephimovski dont nous ne savons rien, sinon qu'il étudie avec zèle « le français, la géographie, l'histoire, la géométrie, la danse, la fortification, l'escrime, Féquitation, la musique1 ».

Mais Pierre III, puis Catherine II montent sur le trône, et le courant change encore une fois. Fidèle à son anglomanie, l'Impératrice envoie à Oxford et Cambridge des boursiers qui n'y feront pas grand'chose; elle en envoie, d'autre part, à Leipzig et à Gôttingue, qui eux non plus ne tourneront pas tous selon son gré2. En attendant que les résultats apparaissent, des aristocrates suivent son exemple : pour « profiter de la solidité des esprits du Nord », ils s'en vont, le jeune prince Dachkof à Edimbourg; Vladimir Orlof, à Gôttingue. Mais Dachkof reviendra en Russie quinteux et maniaque ; Orlof, de son côté, n'a tiré d'autre profit de son séjour à Gôttingue « que de s'imaginer qu'il en avait acquis tout le savoir... », et cela lui a donné « le ton le plus présomptueux et le plus pédantesque 3 ». Cette éducation a fait d'eux des étrangers dans le monde russe; on n'en est pas, en effet, sans les dehors français.

Ces dehors, où les acquérir sans pourtant perdre le contact des « esprits du Nord » et les avantages d'une culture universitaire? Il semble, vers 1770, que Leyde soit l'endroit rêvé. La vie y est austère, et l'Université du modèle anglo-germanique, mais la langue et les lettres françaises y sont en grand honneur. Nous voyons donc, en 1775, les jeunes princes Kourakine s'y installer,

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