Voir plus loin, p
relies, aux frais, soit de l'Académie des sciences, soit d'une fondation faite expressément dans ce but par une princesse Galitzyne, demi-sœur de Kantémir1. Ces spécialistes contribueront, par la suite, moins au progrès d'une culture spécialement française qu'au recul du germanisme : ils oseront, en effet, les premiers en Russie, publier des mémoires scientifiques, non plus en allemand, mais en russe2. Enfin, beaucoup de ces hôtes de Strasbourg en partent en emmenant les Alsaciens et les Lorrains qui ont contribué, plus tard, à renouveler l'espèce des outchitels.
De Strasbourg, il faut venir à Paris. Quelque méfiance qu'on en ait, il est des études pour lesquelles on ne saurait le remplacer. L'Académie des Beaux-Arts, qu'Elisabeth a remplie de Français, envoie tous ses boursiers chez nous, et l'un d'eux, Bajénof, sera pour beaucoup dans les progrès, en Russie, de l'architecture française3. On signale, d'autre part, des graveurs, des peintres, mais moins nombreux, semble-t-il, que les aristocrates qui ont bien, eux aussi, quelque droit de s'intéresser aux beaux-arts. Pendant quatre ans, le jeune baron Stroganof s'occupe d'esthétique française avec un zèle si coûteux, que son père, inquiet, lui coupe les vivres pour le faire rentrer en Russie4. Plus sérieux, les Kourakine ne restent chez nous que le temps qu'il faut « pour dépouiller un extérieur de ce vernis de gaucherie, suite ordinaire de la vie des écoles, acquérir quelques connaissances dans les belles-lettres, et s'exercer au talent de Terpsichore8 ». En général, les étudiants de cette catégorie font le désespoir de la Légation russe ; il lui faut payer leurs dettes et les rapatrier, parfois en piteux état. « Pour ces jeunes gens, écrit le chargé d'affaires Bakhtiéief,