‹ La Culture française en RussieChapitre 98 sur 518 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

les premières bibliothèques. — - La vogue croissante des ouvrages français, desquels ?

Les écrivains antérieurs aux classiques. — Les classiques; les prosateurs, les poètes, Racine et Molière. — Le commencement du xvme siècle; Fénelon.

Les philosophes : Montesquieu, Voltaire. Les Encyclopédistes. Mably et Raynal.

Les littérateurs de second ou de troisième ordre, romanciers, auteurs dramatiques, etc. L'importance de leur rôle.

Les outchitels n'auraient pas été fort utiles si leurs leçons n'avaient donné accès à la littérature que tous les Européens déclaraient la plus riche du monde. Une fois qu'il savait le français, l'élève d'un rnoussié presque illettré pouvait combler les lacunes de son instruction. « On doit reconnaître, écrit une petite revue, que c'est par la langue, par les livres, et non par les maîtres français que nous avons acquis nos connaissances et le goût de la bonne littérature 4. »

Des livres français, nous en avons déjà trouvé dans les quelques bibliothèques du temps de Pierre le Grand, mais ils étaient alors, la plupart du temps, des livres techniques, professionnels, que l'on consultait, mais qu'on ne lisait guère2. Longtemps encore après Pierre le Grand, les livres capables d'éveiller « le goût de la bonne littérature » étaient fort rares ; nous ne savons pas ce que Trédiakovski s'était acheté sur ses économies

1. Les Soirs; voir Afanasief, Journaux satiriques russes, p. 184.

Page 1