‹ La culture fruitière dans la province de Québec [microforme]Chapitre 15 sur 62 · LEE SOON RIEUIFC SCENE NES PENSE PAT · texte numérisé non relu

LEE SOON RIEUIFC SCENE NES PENSE PAT

Pour faciliter la plantation, on se sert de grands cordeaux que l'on tend tout le long du champ de plantation en espaçant les rangs d'au moins trois pieds, de façon à permettre au cheval de passer facilement entre les rangs pour les sarclages.

Les plants de semis sont d'abord arrachés avec soin. L'arrachage à la main ne vaut pas l'emploi de l'outil qui descelle la terre et soulève le plant tandis que la main l'extrait par secousses. Aussitôt déplantés, si l'on n'est pas prêt pour la replantation immédiatement, on met les plants en jauge, à proximité de l'endroit où ils seront définitivement plantés en rangs de pépinière. Il faut avoir soin alors de presser le sol avec le pied sur chaque jauge et d’arroser la terre s’il en est besoin avant la mise du plant, en place définitive. L'habillage s'impose pour les pommiers, les poiriers, les cerisiers et les pruniers. L'habillage consiste, à, enlever avec le sécateur ou la serpette, l'extrémité trop longue de la racine pivotante et à rabattre la tige à six pouces environ du collet de la racine. Il suffit de laisser en terre une longueur

Fig. 37. — Charrue fouilleuse.

de quatre à cinq pouces de racine. Cette façon d'agir nous donne des plants vigoureux et trapus qui sont les meilleurs sujets pour la yreffe ou l'écussonnage.

Les greffes sur racine faites durant le cours de l'hiver n'ont pas besoin d'un nouvel habillage au moment de la plantation définitive, la tête du greffon et la racine pivotante du sujet étant déjà coupées à bonne longueur au moment du greffage.

Il s'agit maintenant de faire la plantation de ces greffes. L'époqie de la plantation n'est pas indifférente. Elle doit se faire le plus tôt possible après que la terre est en bon état au printemps. C'est là un point important; il faut fournir à la greffe tout le temps voulu pour qu'elle puisse profiter de la bonne saison,

Nous avons dit que les rangs parallèles sont espacés au moins de (rois pieds. La distance entre chaque plant destiné à l'écussonnage

-omme pour chaque greffe varie selon le temps que ces arbres doivent

‘cster en pépinière. Si l’on doit arracher les arbres pour la vente, à la fin de la seconde année de plantation, on pourra se contenter de planter es greffes À dix pieds d'intervalle; mais en règle générale, il ne faut

pas craindre d'espacer ces greffes de douze pieds même, au moins: la végétation sera plus vigoureuse et les travaux de sarclage entre chaque arbre n'en seront que mieux exécutés et l'on ne courra pas le risque d'écorcher les plants.

Avant de planter, on conseille de marquer à l'aide de baguettes fichées en terre, les extrémités de chaque rang ainsi que le chemin qui traverse le milieu du carré, puis le cordeau sera tendu entre ces extrémités. On fait distribuer les greffes par un ouvrier, le long du cordeau ou on les met dans un panier que chaque planteur porte avec soi. La

Fig. 38. —Bonne et mauvaise manière de planter une greffe —a, greffe dans le trou

ouvert avec le plantoir; b, plantoir, mal enfoncé à côté de la greffe: il n'y a pas de

terre en contact avec les racines; c, plantoir enfoncé obliquement et, d, résultat d'une bonne plantation: le sol partout en contact avec la greffe.

plantation proprement dite est une opération si mal faite la plupart du temps qu'il est bon d'insister sur ce sujet.

En consultant la figure x, on se rendra compte des quelques détails pratiques sur lesquels nousattirons spécialement l'attention de tous ceux qui doivent planter des greffes. On se sert d'un plantoir, dont les plus commodes sont des chevilles en bois, dont la pointe est ferrée. On fait d'abord avec le plantoir, un trou de six à huit pouces de profondeur; puis, prenant la greffe par l'extrémité supérieure, on la place doucement dans le trou, de façon à ne pas déranger les points de contact entre le greffon et le sujet. On ne laisse qu’un seul œil au niveau du sol, les autres sont à l'intérieur du trou. Alors, enfonçant obliquement son plantoir de façon à faire pénétrer l’extrémité de la pointe de l'outil jusqu’au bout de la racine de la greffe, on refoule la terre avec

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soin de façon à ramener le plantoir parallèlement à la greffe. En agissant ainsi, on est certain que Îa terre est foulée complètement tout autour de la greffe et du haut en bas, mais surtout en bas, près de la racine. Très souvent, on se contente de mettre le plantoir parallèlement à la greffe et on ne ramène la terre que dans le haut du plant laissant ainsi un vide où au bout de quelque temps la greffe se dessèche et meurt. C'est là, à notre avis, la cause de la non-reprise de la plupart des greffes qui, cependant, peuvent être bien faites, ce dont on s'assure facilement en les examinant avant de les planter.

Lorsque la plantation est exécutée dans un carré, il sera bon de faire passer immédiatement le sarcloir afin de biner et d'ameublir de nouveau la couche superficielle de terre de façon à conserver le plus longtemps possible l'humidité du sol, en empêchant sa trop grande évaporation car le terrain se trouve forcément piétiné lors de la plantation des greffes et il faut le remettre en bon état.

S'il faut planter les greffes à fleur de terre, il n'en va pas ainsi des sujets destinés à l'écussonnage dont nous avons parlé, plus haut. Les pommiers, cerisiers, poiriers et pruniers non greffés au moment de leur mise en place dans les rangs de pépinière, sont plantés de façon à ce que la tige soit enterrée à un pouce environ au-dessus du collet de la racine, de sorte qu'il y ait à peu près cinq pouces de tige au-dessus du sol. C'est sur la partie inférieure de cette tige que l'on devra placer l'écusson plus tard, quand le moment de faire cette greffe sera venu.

Soins de culture de la première année c'est-à-dire l’année de la plantation des greffes. —Les greffes mises en place, il n'y a aucune taille à leur faire subir cette première année. Il suffit de tenir le sol continuellement meuble, non pas tant pour empêcher les mauvaises herbes de pousser que pour maintenir l'humidité dans le sol. C'est là un point capital dans l'éducation des jeunes arbres: Favoriser de bonne heure une végétation vigoureuse le printemps, et ensuite, vers là fin de juillet, cesser toute culture du sol, afin de laisser aux arbres tout le temps de bien s’aoûter. Pour le moment, nous n'insistons pas davantage sur les bons effets de la culture du sol: nous aurons l'occasion d'y revenir au long quand il s'agira du verger déjà établi. Si l'on a soin de commencer de bonne heure les binages, on n'a guère besoin de faire des arrosages dans la pépinière, S'il arrivait cependant une sécheresse inaccoutumée lors de la plantation des greffes ou des

utres arbres fruitiers, il serait prudent d'arroser de temps à autre copieusement. On pourrait nous demander à quelles époques on doit pratiquer les binages. A cette question, nous dirons qu'il ne peut y «voir de règle fixe, mais après chaque pluie qui tasse toujours le sol un peu, il faudra biner quand il sera ressuyé. Autrement, au bout de quelque temps, surtout dans les sols un peu argileux, des crevasses ‘& {ardent pas à se montrer; c'est signe que l'humidité provenant de l1 fonte des neiges et des pluies du printemps s'est évaporée. Les inages n'auront alors guère d'effet. Il est donc très important d’exé- ‘uter ces travaux en temps opportun.

Deuxième année de la plantation des greffes. La première opération à faire au printemps, c'est le recépage des greffes plantées

l'année précédente. Recéper un arbre, c'est le couper au pied, plus ou moins bas, selon sa vigueur et sa grosseur, afin qu'il pousse mieux. Le recépage des greffes d'un an se fait rez-terre, à deux pouces environ du sol, au-dessus du collet, en laissant un ou deux yeux sur lesquels s concentrera toute la force végétatrice du sujet.

Dès que les olus grands froids du printemps ne sont plus à redouter il faut pratiquer le recépage. A la suite de cette opération, plusieurs rameaux apparaissent au collet; nous les ébourgeonnons dès leur troisième ou quatrième feuille en conservant le bourgeon le plus apte à former une belle tige droite. Dans le choix de cette tige, il faut tenir compte de sa situation dans la pépinière, et autant que possible en choisir une située du côté des vents dominants. Au moment de la suppression des rameaux autres que la tige principale laissée, il se trouve un chicot ou onglet, sur l'arbre. On ne le supprime qu'un peu plus tard, durant la saison. Si la tige principale ne pousse pas assez verticalement, on la ramène vers l'onglet, où on l'attache avec du raphia, de façon à la maintenir droite,

L'onglet remplit ici le rôle de tuteur. Quand arrive le moment de le supprimer, il faut le faire le plus près possible de l'endroit où la tige prend naissance sur le collet de l'arbre. Il n'y a pas de taille proprement dite à faire cette année,

Il est très important de favoriser dès les premiers jours du printemps une végétation vigoureuse dans cette tige qui doit former la base de la charpente de l'arbre. On fera donc, en leur temps, les binages avec la bineuse à cheval. N'attendons pas que les mauvaises herbes nous obligent à sarcler, mais ayons recours aux binages avant cette époque, afin de maintenir dans le sol l'humidité qui s'y trouve assez abondante, au printemps. Vers le premier juillet, il ne scra plus nécessaire d'activer la végétation de ces petits arbres; on doit leur laisser le temps de bien mûrir leur bois avant l'hiver.

Un arbre recépé qui pousse normalement en pépinière doit avoir atteint une hauteur de trois pieds à la fin de sa deuxième année de végétation: nous avons alors un bel arbre n'ayant qu'une tige sans ramification aucune. Si certaines variétés de pommiers font quelques fauxbourgeon., durant l'année, il faudra les coursonner à l'automne, On appelle faux-bourgeon un rameau anticipé sur la flèche ou le prolongement qui n'aurait pas dû pousser cette année. Coursonner une branche ou un rameau, c'est la raccourcir à la moitié, au tiers, ou au quart environ de son développement de manière à la réduire à l'état de coursonne.

Quand nous traiterons de l'âge auquel il faut planter les pommiers, nous verrons que dans certains cas il vaut mieux planter exclusivement des petits arbres de deux ans de pépinière et qui n’ont qu'un an de pousse après le recépage.

Troisième année de la plantation des greffes.—Aux premiers beaux jours du printemps, on pratique l'écimage, c’est-à-dire la taille de la sommité de la tige ou de la flèche. A quelle hauteur du sol doiton écimer les arbres de deux ans? C'est là une question bien discutée et d'une grande importance. Elle se rattache à cette autre question: Doit-on planter un arbre à basse ou à haute tige?

Voici ce que nous lisons dans une brochure bien répandue dans la province de Québec.

“En général, il ne faut pas planter des arbres trop bas, La ‘culture sous ces arbres est impossible quand ils deviennent quelque peu gros et lorsqu'ils ont atteint tout leur développement, ils ne se couvrent de fruits que dans leur sommité. Plus ils seront bas "de tige plus ils pousseront vigoureusement, ils émettront une forêt de "gourmands qu'il faudra supprimer, ce qui augmentera les plaies et la main- ‘d'œuvre. Cependant, sans ‘aucun doute les arbres bas présentent quelques avantages: ainsi, ils est plus facile d'y travailler quand ils sont jeunes; le traitement ‘ des maladies est plus aisé ‘à appliquer, ils se trouvent ‘mieux les uns les autres contre les vents. Quand aux ‘arbres trop hauts de tige, la ‘ difficulté de les tailler, de les soigner en cas de maladie, “et, surtout, de cueillir les

fruits avec les précautions ‘indispensables suffit seule ‘ pour les proscrire. Entre ces deux extrêmes le culti- " vateur choisira des arbres “han:s de cinq à six pieds “de tige.”

Nous voyons donc que l'on conseille de planter des arbres ayant cinq à six pieds de tige à partir du sol. C'était la façon de faire autrefois; mais les multiples inconvénients des arbres à haute tige (et les arbres de cinq ! six pieds en sont) en ont fait condamner la Iplantation.

Voyons maintenant ce que pensent quelques autorités compé- ‘entes en arboriculture fruitière sur ce sujet capital:

(M. Macoun,—Culture du pommier) ‘ Dans le passé, la hau-

teur d'arbre preiérée était de Cinq, six et même quelquefois de sept pieds... Un des désavantages des têtes aussi élévées, c'est qu'il est beaucoup plus difficile de cueillir les pommes, la main- ‘d'uuvre est en conséquence plus coûteuse. Quand les arbres sont jeunes Les troncs sont exposés au soleil, et, les coups de soleil au printemps sont bien plus à craindre que si les troncs étaient moins

Fig. 39. Taille des pommiers. Un arbre ave « plusieurs branches charpentières.

“ nus et la tête plus près du sol. On remplace peu à peu ces arbres “à haute tige par d'autres à tige plus basse et actuellement la plupart ‘’des producteurs de fruits considèrent qu'une bonne hauteur est ‘celle de trois à quatre pieds. Su: des arbres ainsi formés, la récolte “des fruits est bien plus facile à faire, parce qu'il y a une moindre “longueur de tronc exposée au soleil et les arbres sont plus vigoureux. “Le vent fait aussi tomber moins de pommes des arbres que lorsqu'ils “ sont à haute tige. On a trouvé que l’on peut biner et houer sous “ces arbres aussi bien que sous les arbres à haute tige. Si par “ailleurs, on cultive d'autres plantes dans le verger, elles sont d'im-

Fig. 40.—Arbres à haute tige, mauvais.

“ portance secondaire et leur présence n'est pas une raison pou “exiger que les arbres soient également à haute tige.”

Voici comment M. L. H. Bailey de Cornell tranche cette question si discutée des arbres à basse et à haute tige (The Pruning Book).

“La controverse sur les arbres à basse où à haute tige, est en partie, le résultat d’une confusion d'idées sur ce sujet. Il y a deux facteurs que l’on doit considérer tout d'abord: La facilité avec laquelle on peut cultiver le sol du verger et le tort causé aux arbres par les rayons trop ardents du soleil, C'est une opinion très répandue qu'un tronc court forme nécessairement un arbre à tête basse ou pendante: et cependant, la seule vue de ces arbres devrait faire penser autrement

“ La direction des branches ne dépend pas de la longueur du tron car on remarque que les premières branches qui naissent sur une haut: tige sont presque toujours horizontales ou pendantes. Du rest:

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le sol, sous les arbres dont le tronc n'a que deux pieds de haut est d'une culture aussi facile que les’arbres à tige plus élevée.

“On doit toujours laisser un certain nombre de branches pour former la charpente principale de la tête d'un pommier, Si on arrête

Fig. 41.—Arbre à basse tige, branches charpentières ascendantes.

-on choix sur des branches relativement basses, on peut à loisir, les diriger dans une direction oblique de façon que le poids des fruits se trouve réparti sur tous les points. Si, au contraire, on forme la ‘harpente de la tête d'un arbre avec des branches qui partent du tronc + une certaine hauteur du sol, ces tiges ne pourront pas prendre aussi

facilement la direction oblique parce que l'arbre ne poussera pas au-dela de sa hauteur naturelle. Donc, en réalité, ce sont les arbres à haute tige dont les branches sont pratiquement les plus basses et les plus pendantes dans le verger ”.

En résumé voici les avantages que présentent les arbres à basse tige: facilité d'opérer pour la taille, les pulvérisations, les cultures du sol, l’éclaircissage et la cueillette; chute moins fréquente des fruits et surtout immunité contre les coups de soleil.

Fig. 42. -Taille des arbres. Résultat d’une fourche dans un pommier âgé. 11 faut supprimer tout ce chicot pour éviter la carie dans la partie saine de l'arbre.

Nous sommes en mesure maintenant de juger de la hauteur à laquelle il faut écimer la tête des arbres de deux ans de pépinière. Nous trouvons qu'il est préférable de les couper à trois pieds du sol. On aur.. soin d’étêter ces arbres en coupant au-dessus d’un bouton situé du côté des vents dominants.

vaisseaux de cette partie de l'arbre pour la faire croître en dimensicu. Au cours du premier mois de végétation on ne supprimera pas une seule pousse sur ces jeunes arbres. Pendant ce temps, il faudra biner assez fréquemment le sol comme l'année précédente de façon à le maintenir meuble et y conserver le plus d'humidité possible, favorisant ainsi une bonne végétation dès le réveil

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de la sève au printemps. On continuera les binages jusqu'à la fin de juillet.

Elagage du jeune sujet. —L'élagage consiste à couper les branches inutiles qui garnissent la tige principale; cette opération doit se faire avec soin: de sa bonne exécution dépend la direction donnée à la charpente. Avant tout, 4 faut éviter les fourches qui ont pour conséquence infaillible la cassure des branches à leur point de jonction. Ces fourches se produisent tout naturellement en pépinière chez quelques variétés de pommiers telles quele Fameuse et le Wealthy. On laissera intacte la branche destinée au proiongement et on conservera quatre ou cinq au plus des branches latérales réparties à intervalles réguliers le long de la tige.

On choisira des branches de façon a leur faire prendre une direction différente. En règle générale, il faudra veiller à laisser la dernière branche de la charpente à un pied et demi du sol. On supprimera les autres de la partie supérieure qu'on ne destine pas à former la charpente future del'arbre.

Quant à le partie inférieure, les branches seront simplement coursonnées sur quatre ou cinq feuilles et il faudra élaguer complètement toute pousse émise près du sol. De cette façon, tout en laissant ies branches charpentières se développer à leur aise on arrête la sève en marche le long de la tige de façon à rendre le tronc plus vigoureux. Autrement, en élaguant toutes les branches, sauf celles de la partie supérieure, on affaiblit trop la partie inférieure. On fatigue l'arbre à son détriment ultérieur.

En élaguant une branche il faut la supprimer totalement jusque sur son talon. Vers le milieu ou à la fin de juillet, on fait une nouvelle taille (la troisième, cette année): il s'agit de couper rez-tronc toutes les Coursonnes rabattues lors de la taille précédente, Il ne reste sur chaque irbre que les branches charpentières quand cette taille est terminée.

Fig. 43,—Schéma de la formation de la charperte du pommier en pépinière.

Pendant le reste de la saison, on évite de stimuler une végétation tardive. A l'automne, l'arbre est prêt à être arraché. Bien des pépiniéristes cnt la fâcheuse habitu de defaire effeuiller les arbres qu'ils vendent un peu trop de bonne heure l'automne. Ceci leur donne l'avantage de les arracher plus tôt. Il serait préférable de laisser aux arbres toutes leurs feuilles et d'attendre le moment où elles tombent naturellement pour arracher les arbres de terre.

Comme nous ne conseillons jamais de conserver les arbres quatre ans en pépinière, nous n'insisterons pas davantage sur les soins à leur donner. Si l'on était obligé de garder des arbres quatre ans, on suivrait les règles suivantes pour deux t :les à faire: 1. au printemps avant la montée de la sève, rabattre les branches charpentières des côtés au tiers de leur longueur totale en faisant une coupe en biseau près d’un œil ou bouton extérieur. Quant au prolongement, nous conseillons de lui laisser environ la moitié de sa longueur totale.

2. Cette taille fera naître plusieurs autres branches et il faudra alors pratiquer un éclaircissage raisonné, en élaguant quelques unes de ces nouvelles pousses.

Déplantation des arbres en pépinière. —L'arr:chage se fera au bout de la troisième année de plant:.‘on de la greffe ou à la fin de la deuxième année de la pousse d’un écusson.

Pour faire un bon travail, il faut être trois; deux maniant chacun une bêche spéciale pour cet usage et un troisième qui tient l'arbre. La déplantation d'un arbre demande de l'attention et du soin. D'abord on dégage la terre autour du trenc et assez avant dans le sol tout en ayant soin de ne pas mutiler les racines: puis tandis que les deux hommes enfoncent leur bêche assez profondément vis-à-vis l’une de l'autre, leu- aide fait un mouvement de traction sur l'arbre en mên. temps que les deux autres soulèvent celui-ci hors de terre, par secousse ;,

Les arbres arrachés seront immédiatemer: mis en bottes de dix ou vingt, bien étiquetés et placés en jauge. N'oublions pas, que moins longtemps les racines d'un arbre seront à l'air et au soleil, plus sûre sera la réussite de la plantation définitive.

Mise en jauge des arbres déplantés.—Mettre les arbres en jauge, c'est les placer, le pied dans la terre en attendant leur plantation définitive. Par jauge, nous entendons une fosse ou tranchée assez profonde et assez large pour que toutes les racines des arbres y soient à l'aise. Cela fait, on recouvre de terre les racines en les tassant au fur et à mesure jusqu'a ce que le collet ne soit plus en vue. Veiller avec soin à ce qu'il n'y ait pas d'interstices entre les racines par où l'air puisse pénétrer.

On ne peut mettre des arbres en jauge dans un terrain quelconque. Evitons les endroits trop exposés aux grands vents, les terrains constamment humides, les encoignures de bâtiments frappés directement par le soleil. Dans notre province, il n'y a pas à craindre une chute trop abondante de neige ou son amoncellement en hiver à l'endroit de la jauge. La neige est toujours une bonne protectrice contre le froid et les gelées. Veiller cependant, un peu avant la fonte de la

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neige, à la bien fouler autour des paquets d'arbres mis en jauge, afin d'empêcher les mulots de ronger les écorces.

Un arbre mis en jauge dans de bonnes conditions ne souffre pas et se maintient en parfait état. Parfois même, on trouve, au printemps un abondant chevelu naissant aux racines.

Emballage et expédition des arbres.—Comme nous n'avons pas la prétention d'enseigner à un pépiniériste de profession la manière d'embaliér et d'expédier ses plants, qu'il nous suffise de faire les quelques remarques suivantes:

Si le nombre de plants l'exige, on emploiera une caisse en bois blanc, solide mais légère. On y mettra de la paille dans le fond, sur laquelle on rangera les arbres symétriquement par lits superposés dans une position horizontale. Le pied des arbres touche au bout de la caisse et les branches s'étendent dans le sens de sa longueur. Après avoir mis avec soin de la mousse de Sphagnum ou des fibres de bois entre les interstices des racines, on y ajoutera de la paille. On placera une première série d'arbres attachés en paquets, bien étiquetés, dans le fond de la caisse, à droite, et on en fera autant à gauche de manière que les branches des arbres de cette série viennent se placer au-dessus de celles de droite. On fera d’autres séries alternantes et superposées de paquets d'arbres jusqu'à ce que la caisse soit pleine. Les arbres devront même dépasser le bord de la caisse avant la pose du couvercle.

Après avoir bien garni de paille sèche, le dessus des arbres, on clouera le couvercle,

Si les caisses doivent être expédiées au loin il vaut mieux les garnir d'un fort papier Fig. 44.—Expédition de pomà l'intérieur. Mais quand le nombre d'arbres miers en ballot.

à expédier est restreint, on conseille de les emballer dans une toile: ce qui permet de les expédier par grande vitesse.

On attache par bottes les arbres de la même variété; puis de ces petits groupes on fait un seul paquet en ficelant toutes les bottes ensemble. On étend à terre une toile longue de cinq pieds environ en supposant qu'elle ait une verge de largeur, Vers l'une de ses extrémi. tés on fait un lit de paille ou de mousse et on y dépose le ballot d'arbres, ayant soin de mettre les racines sur ce lit de paille. Puis remplissant les interstices entre les racines, de mousse et de paille et ramenant la toile par-dessus on coud les deux bords ensemble, de façon à faire un paquet très serré comme il est décrit dans la figure ci-contre.

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