‹ La culture fruitière dans la province de Québec [microforme]Chapitre 17 sur 62 · CHOIX DES VARIETES · texte numérisé non relu

CHOIX DES VARIETES

Après avoir choisi le terrain réunissant les conditions favorables, le cultivateur doit établir sur le papier, un plan raisonné du verger qu'il veut créer, et ne le passer en exécution que lorsqu'il aura tout déterminé minutieusement au préalable.

La première question à résoudre, c'est le choix des variétés. Chaque cultivateur doit pouvoir déterminer lui-même les variétés de pommes qu'il doit cultiver. Il y a pour cela plusieurs focteurs à considérer. Ce qu'il convient de faire tout d'abord, c':st de consulter ses préférences personnelles, le but qu'on se propose en créant un verger, et en dernier lieu, tenir compie des circonstances locales, Si l'on néglige d'examiner ces trois points, on risque fort, au début, de tomber dans l'erreur.

En suivant ses préférences personnelles, c'est-à-dire en choissisant les variétés susceptibles d'intéresser davantage, on aura plus de goût à la culture de ces fruits, et par conséquent, l'on réussira mieux.

Il faut avoir une idée claire et spécifique du but que l'on se propose en créant un verger. Si c'est pour la table, le marché local, l'exportation ou la mise en conserves. Choisissons ensuite les variétés qui répondent le mieux à notre idéal. 11 faut bien se garder de désirer une pomme parce qu'elle réussit éminemment bien dans une autre région. Il est reconnu, aujourd'hui que telle variété conviendrait dans une rgion pour tel sol, et ne réussirait pas dans une région diflérente, quoique le terrain soit le même. Nous voudrions rappeler ici l'engouement presque universel manifesté il y a quelques années dans la province de Québec pour la pomme Ben Davis qui réussit parfaitement daus certaines parties des Etats-Unis; mais dont l'arbre n'est pas rustique dans la province ce Québec. La qualité pauvre de ce fruit, suffit aujourd'hui pour le déprécier bien que, sur le marché ciranger, la porume Ben Davis attire l'attention du public par sa bellé couleur.

FE y a beaucoup de variétés reconnues profitables au poirt de vue Gu merché local et étranger, dent on conseille la culture partout, dans ia province de Québec où le pommier prospère. Pourquoi ne Pas se contenter de ces variétés sans chercher toujours du nouveau. i que l'on commence à se méfier de ces marchands ambulants ‘l'acbres fruitiers qui ont été dans le passé le fléau de nos campagnes. Jamais un cuitivateur ne devrait planter un pommier non recommandé par les directeurs de la station expérimentale de la province

Certaines pommes sont excellentes en soi, mais ce n'est pas touours une raison suffisante pour les planter en bloc dans un verger. Il y a, en effet, une question assez compliquée à résoudre quand :!

ration.

au nom du ministère de l'agricul-

ka et des vergers de démonst

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Fig. 48.— Exposition de Sherbrooke, 1912. Magnifique exhibition de pommes en boîtes, faite ture de la province de Québec. Les pommes proviennent des vergers de l’Institut agricole d'O

s'agit de variétés de fruits: la stérilité, t{:s où moins grande de certaines pommes. Une bonne Partie des insuccès constatés un peu partout en culture fruitière peut être attriliuée à la non-fécondation des fleurs. Un arbre reste habituellement stérile si ses fleurs n'ont pas été fécondées par le pollen d'un sujet voisin. Un signe ordinaire de stérilité est la chute continuelle des petits fruits que l'on observe sur un ou plusieurs arbres de la même sorte de pommes.

Il est important de remarquer que cette non-fécondation n'est pas un caractère Propre à une variété particulière, mais se produit parfois chez presque toutes les pommes. Le remède, tout indiqué d'avance consiste à planter d’autres variétés entre les arbres stériles. Nous ne conseillons pas ici cependant de multiplier les sortes de pommes dans un même verger, {1 faut se souvenir que le marché demande des lots importants d'une même pomme plutôt que de petites quantités. La cueillette des fruits n'en sera d’ailleurs que facilitée car la récolte des nombreuses et diverses sortes de pommes occasionne une véritable perte de temps.

Trois variétés de pommes seulement suffisent pour assurer une excellente pollinisation des fleurs au moment de la floraison et, dans un grand verger destiné au Commerce des pommes, on ne devrait jamais admettre plus de quatre sortes qui seraient alors: Mclntosh, Fameuse, Wealthy, Duchesse.

Dans un verger de famille, on n'a qu'à consulter les goûts de chaque membre et la liste des variétés est assez longue pour permettre de faire un choix. L'important est d'en planter suffisamment pour que les récoltes se succèdent pendant plusieurs saisons. Nous donnons plus loin la liste complète des meilleures variétés de pommes et leurs description. On en trouvera dans cette liste un certain nombre que nous décrivons parce qu’elles sont très répandues.

Variétés de pommes.—" La pomme Mclntosh,"" dit M. Macoun, dans le rapport de la ferme expérimentale d'Ottawa 1912 Frost d'après nous, la meilleure Pomme de table parmi les variétés de la saison en Amérique. C'est un fruit de semis trouvé par hasard sur la ferme Mclntosh, canton de Matilda, comté de Dundas, dans l'Ontario. John Mclntosh trouva l'arbre qui la portait, en défrichant le sol où il se proposait d'établir une cabane, en 1797. Cette pomme fut d'abord lente à se répandre. Le premier arbre vivait et rapportait encore en 1907, lorsqu'un orage de grêle hâta sa fin. 11 mourut en 1908, il était en très mauvais état depuis quatre années, ayantsouffert de l'incendie d'une maison près de laquelle il se trouvait.

On croit que cette Pomme est un semis de la Fameuse à cause de sa chair tendre, à grain fin, de sa saveur prononcée, et de sa couleur "Mayante, toutes caractéristiques de la Fameuse. Il est tout probable ‘ue la supposition est exacte; mais ce n'est pas certain. Ila été remarqué, partout où poussent la Fameuse et la Melntosh dans la province de Québec, que l'arbre de la Melntosh est plus rustique que celui de la Fameuse. Dans les hivers rigoureux, cette variété est endommagée et quelquefois entièrement détruite, tandis que la Mclntosh souffre beaucoup moins. Un fait intéressant À noter, c'est que pres-

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qu'aucun des semis de Mcintosh n'a été détruit par l'hiver à Ottawa, tandis qu'une forte proportion des semis de Fameuse a succombée. La saison de maturité de la Mclntosh, dans la partie de l'Ontario où elle a été créée est, dans la province de Québec, d'octobre à la fu. de février, ce qui est une saison très longue. D'autre part la saison de la Fomeuse est relativement courté; cette pomme est mûre à peu près en même temps que la Mc'ntosh, mais elle se détériore rapidement après le mois de décembre. La pomme Mcintosh est, en général, plus grosse que la fameuse, elle rapporte tout autant, sinon plus, et le fruit, plus acide, plus piquant est plus apprécié, croyons-nous que la Fameuse qui est plus douce. Aucune pomme parmi celles que nous connaissons, à l'exception peut être de la Wealthy n'a atteint une popularité aussi grande, basée sur un mérite réel en aussi peu de temps que la Mclntosh. La demande de cette variété de pommiers, est si grantie, que les pépiniéristes ne peuvent la propager assez vite et il en est de même nous dit-on dans l'est des Etats-Unis.”

Nous pouvons ajouter que la pomme Mclntosh, au moins partout où nous l'avons vue cultivée dans la province de Québec est bien moins sujette à la maladie de la Gale de la pomme que la Fameuse. Nous savons tous, en effet, combien la Fameuse se tache facilement et que les meilleurs cultivateurs ont grand'peine à obtenir des fruits sains.

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