‹ La culture fruitière dans la province de Québec [microforme]Chapitre 30 sur 62 · Culture du sol dans les vergers · texte numérisé non relu

Culture du sol dans les vergers

Fig.

la parcelle À parce qu'en principe, il est reconnu que la culture du sol favorise davantage la pollinisation des fleurs et le nouement des fruits, et aussi leur maturation et leur conservation.

En comparant les résultats obtenus dans les deux parcelles an

présence, il est important de noter que, même dans la parcelle B,

nous n° s pas cru bon de faire ce qui se fait dans tous les vergers de la pr ce de Québec qui sont engazonnés: enlever le foin après |’ ir fruché. Si nous avons jugé à propos de laisser cette pa. ile zonnée, nous avons pris un moyen terme, en laissant

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le foin sur le sol après le fatichage pour servir de paillis. Ainsi, il ÿY a eu moins de perte d'humidité dans le sol que si nous avions enlevé la récolte de foin.

On nous pardonnera d'avoir parlé longuement de cette démonstration faite dans la province et à cinq endroits différents, Il nous semble que ce sujet est très important. Il vaut la peine de citer la confirmation des mêmes résultats obtenus avec une foule de détails à l'appui. N'ayant Pas encore terminé un nombre sufhsant d'années d'expérience, nous ne pouvons pas encore présenter le résultat obtenu dans nos vergers en détail comme l'a fait M. U. P. Hedrick, de la station expérimentale de N. Y., en publiant des expériences analogues faites aux Etats-Unis.

Nous prions instamment nos lecteurs, de noter le travail si précis et si probant que M. Hedrick a fait en publiant les données qui nous ont permis de Communiquer à nos « ultivateurs ce résumé,

Le verger engazonné comparé au verger dont le sol est cultivé. —D'habitude, les gens prêtent une vive attention aux détails d'une entreprise de nature à affecter leurs intérêts pécuniaires. Depuis que des milliers de cultivateurs de l'Etat de New-York tirent une partie considérable de leurs revenus de l'exploitation de leurs vergers, ils étudient avec beaucoup d'entrain tout nouvel argument, tout nouveau principe de théorie où de pratique susceptible de faire prospérer leurs vergers. Il y à plusieurs années, une discussion s'élèva autour du problème suivant: doit-on pratiquer la culture du sol dans le verger ou le laisser en gazon? Le problème était si intéressant et d'une importance si Capitale, que la discussion dégénéra en controverse passionnée, au cours de laquelle les partisans de chaque méthode s'adressaient à la station de l'Etat pour se procurer des documents, des chiffres et des résultats authentiques à l'appui de leur doctrine, De ce chef, les horticulteurs de la station de Geneva furent obligés de mettre la question à l'étude d'une façon toute spéciale et de pousser sur ce point leurs recherches et leurs expériences.

Les deux méthodes, vergers cultivés et vergers-prés sont radicalement différentes. Evidemment, elles ne sont pas toutes deux d'une valeur égale. Les Partisans de chaque système de verger, apportèrent de nouvelles forces aux arguments théoriques de chaque méthode respective: engazonnement ou culture du sol dans le verger. Cette dernière méthode, basée sur de solides données scientifiques serait de beaucoup la plus lucrative, à moins que le pommier ne fasse exception parmi les plantes cultivées; car, pratiquement, dans toutes les cultures auxquelles se livre le cultivateur, le labour et la culture du sol entrent comme Premiers facteurs du succès, tant au point de vue de la quantité que de la qualité des produits

“enäblement faite dans le verger, suivie d'une

Une culture s9n culture-abri, à été instamment préconisée depuis un quart de siècle, dans presque toutes les écoles et Stations expérimentales. Parmi les propriétaires d'exploitations fruitières progressives, il ÿ a une tendance générale à donner plus de soins à la pratique des labours dans le verger, chaque printemps. Ces Propriétaires travaillent le sol pro-

foidément jusqu'à la mi-été, pour le maintenir meuble tout en détruisant les mauvaises herbes et pour y conserver l'humidité. Puis ils sèment une plante-abri qui pousse assez tard en automne et qu'on enfouit au printemps, favorisant ainsi l'aoûtement du bois, arrêtant la surabondance de la sève et réservant une provision d'h: nus et d'azote pour la récolte de fruits de la saison suivante. Sur les sept cents vergers mentionnés dans le rapport de la station expérimentale de Geneva, le sol, dans plus de quatre cents est cultivé chaque année ou tous les deux ans. D'autre part, les propriétaires d'un grand nombre de vergers affirment que le labourage du sol serait bien apprécié et qu'ils le pratiqueraient volontiers; mais ils se trouvent dans l'obligation de n'en rien faire, faute du temps nécessaire pour cette culture et à cause de la nécessité où ils se trouvent de donner le verger en pâturage aux animaux.

Le problème semblait résolu par la plupart des spécialistes en hor-

ticulture en faveur des vergers dont le sol est cultivé, quand la vive propagande des partisans des vergers-prés, dont le foin était laissé en paillis sur le sol, replaça la question sur le terrain de la controverse. Pour plus de lumière, il fallait établir des données bien définies, basées sur des considérations scientifiques, faire ressortir la valeur des deux méthodes, däns des conditions identiques. Les partisans de chaque thèse appuyaient leurs dires sur des cas particuliers, citaient le succès de tel verger, l'échec de tel autre, sans remarquer que les cas cités pouvaient bien se produire sur des sols, des sites et dans des conditions tout à fait différents les uns des autres.

-# Afin de combler la lacune causée par le manque de conclusions scientifiques sur la comparaison des deux faces du problème, la station de Geneva, louait un verger en 1905, dont la moitié fut laissée en gazon et l'autre cultivée chaque année au printemps, jusqu’au moinent de l'ensemencement d'une plante-abri à la mi-été. Le bulletin de l'éminent horticulteur M. U. P. Hedrick qui dirigea cette entreprise dans le verger de M. Auchter près de Rochester N. Y. donne les résultats de cinq années consécutives d'études approfondies.

En examinant avec soin le dessin schématique ci-contre, on peut se rendre compte de la division du terrain de ce verger, dont cent-dixhuit pommiers sont dans la parcelle engazonnée, et cent-vingt-et-un dans l’autre, en terrain labouré et biné. Sous tous les rapports, c'était un verger type, renfermant des arbres de la même variété, Baldwin, situé à bonne exposition sur une petite colline en pente très douce. Les rangées allaient du nord au sud. Dans la partie élevée, le sol était principalement argilo-sableux reposant sur un sous-sol de sable compact, tandis que le sol de la partie basse se composait d'argile plus foncé avec un sous-sol formé de sable plus fin. On le voit, dans les deux parcelles, les sols sont uniformes et les conditions identiques.

Les arbres reçurent tous, les mêmes traitements, maisle sol fut traité différemment afin de prouver la supériorité de l’une ou l'autre méthode: engazonnement ou culture du sol.

La méthode des vergers-prés, avec le foîn laissé en paillis comme couverture étant celle qu'on prônait le plus, (on était déjà convaincu

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des fâcheux résultats des vergers-prés où l'on enlevait les récoltes de foin), ce fut celle-la qu'on adopta pour les expériences. Or en 1904, on sema dans la parcelle A du verger, du Dactyle pelotonné en mélange avec un peu de Trèfle rouge. Les deux variétés de foin levèrent égale-

ment la première saison, mais bientôt après le Dactyle l’emportait sur l'autre. Comme on peut le

constater par la gravure, ce foin coupé devait fourrir un magnifique paillis sur le sol. S'il eut été donné en fourrage aux ani-

aux, on l'aurait estimé À deux tonnes à l'acre Vers la fin du mois de mai ou dans les premiers jours de juin et pendant trois saisons, de nouveau en juillet on faucha l'herbe en la laissant encore sur le si. Les racines des arbres s'étendant au loin

Er dans He il . “90006 e :

mettre ce paillis sur toute la = à 1} à D superficie de la parcelle A. La 000e 1 À L'autre moitié du verger, “@ @@06e6 EISrSIS parcelle B, est labourée chaque | @ @ 606062. pE printemps de bonne heure, et ù ee maintenue en bon état dci é : °0e 200 d ie 15 | TN en (oi e À par de fréquents binages jusqu'à | 20e e000C ee des ea S | < la fin de juillet où l’on ensemença k ©06e 6 Ce © toute la parcele avec du trèfle, | @ @ 066 Diet: , . . Î qu'on ir enfouir le *@0600e @ OOo!

premier labour au printemps | LE = | suivant. @000S00: et Pendant les cinq années que 1e 006 SÉSNSTE ES durèrent les expériences, l'on ne 2 060608ee Sieteraré subit heureusement aucun échec, s|@ 60898" O O e) à part quelques torts causés par | à #@08699000 des insectes. Chaque saison, | / |

la plupart des pommiers pro- “9806060 LOVE e] duisirent des fruits ct, durant + 6860688" "° O!

trois saisons notamment, les ren- à RAS ; Ne NLALLLHer er dements ont dépassé la moyenne. = —-

Ni les insectes ni les maladies ne Fig. 74—A. Parcelle engazonnée, B. Parcelle à dort le sol est cultivé. Dans les deux parvinrent entraver la marche des

celles les circonférences, qui ne sont ni noires expériences de façon à influencer ni blanches, indiquent des arbres qui ne les résultate.

comptaient pas dans l'expérie ice.

L'abondance de la récolte n'est pas le critérium le plus sûr du succès ou de la faillite d'une méthode comparée à l'autre, car il arrive très souvent que des”arbres faibles et qui sont près de mourir donnent un haut rendement en fruits.*, La sève se ralentit tellement, que les

boutons se transforment très facilement en boutons à fleurs. Il peut

au contraire arriver que des pommiers en parfaite santé puissent ne pas rapporter pendant une saison. D. :< une épreuve où les points de comparaison possibles doivent être considcréset mentionnés, on doit noter avec soin les facteurs, c'est ce qui fait la valeur des recherches très cons uses faites par M. Hedrick dans ce verger de Rochester.

Notez

l'autre en culture.

é en 2 parcelles dont l'un est engazonn la santé et la vigueur de cette dernière parcelle.

Comparaison entre un verger divis

Fig.

L'effet des différents traitements des deux parcelles s'est fai sentir sur les arbres d'abord et d'une manière sensible digne d'être appréciée; car, l'arbre est un témoin toujours présent et les différences de végétation—si elles sont dignes de mention—sont permanentes. Or, dans le verger d'Auchter v contraste frappant s’accuse entre les

; pommiers sur le sol engazonné et ceux dont le sol est labouré et biné, de et ce contraste s’est du reste accru graduellement, au cours des anntes suivantes, Les arbres de la parcelle B, en sol cultivé, sont plus uniformes, plus gros et vigoureux: ils ont grandi sous tous les rapports sans subir de pertes en branches mortes,

D'aussi loin qu'on peut voir ces arbres, ils excitent l'admiration par leur élégance, leur beauté, leur uniformité, la finesse de leur écorce, en un mot par leur santé.

Les arbres poussant sur le sol engazonné, forment, au contraire, un tel contraste par leur faiblesse et leur mauvaise apparence, que le premier venu, quelque peu habile à di 2rner la valeur d'un arbre, déprécierait des pommiers d'aussi piètre «pparence.

On à fait un relevé exact des mesures de nature à préciser la comparaison; le résultat de quelques-unes est consigné dans le tableau suivant :

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