‹ La culture fruitière dans la province de Québec [microforme]Chapitre 33 sur 62 · LE · texte numérisé non relu

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partie cultivée bien que légèrement plus clairs en couleur furent incontestablement plus riches en tout ce qui contribue à rendre une pomme délicieuse: arôme, Saveur, texture, absence de tares internes. Ce fait cusait une surprise À tous ceux qui goutèrent aux pommes soit à la station même, soit à différentes réunions pomologiques où ces fruits furent exposées, La différence dans la maturité des fruits à la même époque, explique la différence dans la texture; car les fruits du terrain engazonné mûrirent dix jours ou deux semaines environ plus tôt chaque année, alors qu'il aurait fallu les conserver presqu’un mois de plus avant de les mettre dans un entrepôt quelconque. Toutefois, dans une salle de réfrigération, la différence dans les qualités conservatrices des pommes des deux parcelles furent presque les mêmes. La maturité hâtive des pommes de la partie engazonnée fut très remarquable à l'automne où la chaleur persista et causa un désavantage séricux pour leur conservation une partie de l'hiver.

I n'est pas toujours positif que la plus abondante récolte donnera le plus fort revenu car un bon rendement à un coût modéré de production est souvent plus lucratif qu'une récolte maxima obtenue par de dispendieux engrais une culture à outrance et des soins très particuliers. Un des plus forts arguments apportés par Îles partisans de l'engazonnement est le coût insignifiant de leur système. A Ja vérité cette partie du verger d'Auchter nécessita moins de dépenses, mais, par contre, les gains en furent si piètres que le système de labourage se montra de beaucoup plus lucratif. Ceci est clairement exposé dans le tableau suivant dans lequel apparaît le résultat de la comparaison des principaux points du bilan des recettes et dépenses des deux systèmes. Le coût fut le même pour les engrais chimiques et les arrosages; la taille des arbres de la partie labourée entraîna une dépense de huit piastres de plus.

TABLEAU III Bilan des recettes et dépenses

Parcelle engazonnée—118 arbres.

va Faucha- Pulvéri- | Total Revenu

4 ée Engrais aille : ÉcoIte

Année Engrais | Taille ee De Récolte l'en set 5 RS jee ? É— —— |

L9OE... - 1: $15.05, $14.62} $19.99 $58.22}, $219.25! $327.14 $225.76 IJOSE l 18.60 13.25 7.46 44.27 82 89} 166.47 | 330.28 19096:..7 ze 17.00! 15.12 3.36! 46.51 104.30 186.29 154.96 JO: a .| 8.37 15.33. 3.67 13.84 138.07 239.28 | 487.16 1908 ral - 16.86} 6.14) 50.45 | 173.43) 246.88}| 353.86}

Total... i $59.02 $75.19 $40.62 IS$273.20} $717.94/$1,166 0641$1,552.024

Parcelle en culture— 124 arbres.

| | Je Sie Culture Pulvéri- r Dépenses | Rev Année | Engrais | Taille PERS Pulvéri Récolte Dépenses Sen | | du sol sations totales | net es À sims ” es RS ES s ESS .

| | 1904......| $15 05, $14 62} $33.75 $S8.22} $210.90 $332.55 $185.34 1905..... | 18.60, 13.25 48.71 44.27 96.85 221.68 355.60 1906. | 17.00! 15.12 30.30 46.51 231.80 340.73 392.42 1907.... | 8.37 18.31 46.63 73.84 224.40 371.35 | 800,31 1908...... (| 22.108 36.67| 50.45 338.59 447.814] 723.41} ie EEE Se a PER CAE Total. 4 $59.02 $83.41 $196.06 $273.20} $1 02.34 $1,714.12}/82,457.08} | |

En allouant 27 arbres à l'acre, les chiffres précédents montrent que la dépense moyenne fut de $17.92 annuellement par acre de terrain engazonné et de $24.47 par acre labourée, donnant donc un bénéfice de $6.55 l’acre en faveur de la partie cultivée. Or le revenu d’une acre engazonnée est de $71.52, celui d'une acre labourée $110 43 donc un bénéfice net de $38.91. Bref, chaque piastre de la dépense additionnelle ($6.55) au profit du système de l'engazonnement fut non-seulement remboursée; mais de la même, on fit un gain surplus de 54%. Assurément la méthode la moins dispendieuse n'est pas f la plus rémunératrice. Considérant toute chose À l'évidence, il ne peut y avoir de doute que le labourage fut beaucoup plus profitable que l'engazonnement dans le verger de M. Auchter. Or, ce verger est le type de la grosse majorité des vergers de la partie ouest de l'état de New-York. On peut donc dire en toute sécurité: Le labourage des vergers donne de meilleurs résultats que l'engazonnement.

Il ne reste donc plus qu'à étudier et analyser les conditions et les résultats pour constater, les points de supériorité du labourage. Il est clairement démontré par cette analyse, que le sol ainsi travaillé fournit plus d'humidité aux arbres, et par suite leur rapporte plus d'éléments nutritifs. En outre, le labourage rend le sol plus chaud, donne un plus libre accès à l'air et favorise le développement des bactéries du sol avec en plus l'enfouissement de la culture-abri qui augmente la provision d'humus: voilà autant de facteurs favorables à à un meilleur développement des arbres.

La réserve d'humidité, un des effets du labourage, suffit pour démontrer pratiquement la différence des résultats de chaque parcelle. Les meilleurs sols peuvent ne donner que de médiocres récoltes, à cause d’une sécheresse plus où moirs prolongée en été, surtout si ces sols sont engazonnés. Même dans des sols assez pauvres, s'il y a une dose suffisante d'humidité, la récolte de pommes sera bonne.!

(1) Ces pages sont un résumé du bulletin de M. U. P. Hedrick-Bulletin No. 314 de la station expérimental de New Vork, Geneva, U.S.A. ‘A comparison of tillage and sod mulch in an Apple orchard'’.

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Article II

Confirmation des expériences sur la culture du sol par la théurie.—ROLE DE L'EAU DANS LA FERTILITE DU SOL.-- Le rôle de l'eau dans la fécondité des terres se révèle considérable et justifie le développement des considérations suivantes que nous donnons ici.

On peut dire que Ja capacité d'un sol quelconque pour l'eau régit sa productivité. Seuls les principes nutritifs solubles sont en effet, directement assimilés par les plantes, les arbres ne faisant pas exception; or, l'eau du sol ne dissout que de faibles quantités de matières minérales solubles. Les arbres doivent donc absorber une infinité de liquide que leur appareil évaporatoire, (c'est à dire leurs feuilles), rejette ensuite dans l'atmosphère, Tout arbre, pour/se” développer

Fig. 77.—Charrue bineuse,

normalement et produire de beaux fruits, doit avoir à sa disposition une proportion considérable d'eau et il en est ainsi de toute plante. La quantité d'eau nécessaire au trèfle incarnat Pour constituer une livre de matière sèche est, d’après M. Driegel, cent cinquante livres. La récolte d'une acre de blé, puise dans le sol d'2 près M. Risler, un million-deux-cent-trente-cinq-mille gallons d’eau. ,On voit’ l'importance du rôle joué par l'eau dans les phénomènes de la végétation. Il n'est donc pas étonnant que dans certaines régions du Canada, comme dans la Colombie Anglaise, l'on soit obligé d'avoir recours à l'irrigation pour obtenir de belles récoltes de fruits. La quantité d'eau vaporisée par la transpiration des feuilles d'un pommier est de 1,000 livres pour chaque livre de matière sèche. Ce qui, comme l'on voit, demande une fraction notable de la chute annuelle de pluie. Or, toute l'eau de pluie ne reste pas à la disposition des végétaux: une certaine quantité ruisselle à la surface, circule dans les fossés, s'infiltre et disparaît dans les assises profondes pcur ressortir plus loin sous forme de source. L'évaporation directe, :nlève également

une proportion sensible d eau, si bien qu'en définitive, la quantité d'eau disponible est rarement sufhisante pour les récoltes en général.

On peut done poser ces prim ipes en agriculture: les rendements obtenus dépendront, en dehors de la fertilité naturelle du sol, bien plus du régime des eaux du sol que des facteurs de la végétation: engrais, chaleur, lumière, etc.

Or, dans la province de Québec, la chute moyenne de pluie est juste suffisante pour produire de

bonnes récoltes de pommes; mais à deux conditions: 1, que les pommiers dans un verger en rap- Port, soient les seuls plants à profiter de cette humidité fournie au sol et 2. que la constitution physique de ce sol soit maintenue AU printemps, dans les conditions nécessaires pour empêcher une trop grande évaporation.

Fig. 78.— Culture au sol du verger. Une bonne herse pulvérisatrice, type Acme.

Si, aux pommiers dont les feuilles, nous l'avons vu, transmettent dans l'atmosphère une quantité considérable d'eau, on ajoute du foin, des céréales, etc., il ÿ à double évaporation: celle des feuilles des arbres et celle des feuilles du foin. Ainsi, le foin de trèfle exige, POUr Sa transpirction, 604 tonnes par acre.

Puis, si l'on n'a soin de préparer le sol par un léger labour au printemps, destiné à capter

l'eau de pluie cet par les binages subséquents à la maintenir dans le | sol, en brisant Ja Capillarité, comment veut-on que les expériences faites dans notre province, dans les vergers de déiionsiration, comme à l'étranger, puisse faire autrement que nous prouver les mauvais effets résultant des vergers engazonnés et les bons résultats de ceux dont le sol est cultivé.

Pratique d: la cul:ure du Sol.—On constate que c'est surtout

au commencement de l'été que les arbres ont besoin d'humidité

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