RESTAURATION DES VIEUX VERGERS
Avantages de la restauration des vieux vergers.—Ce sujet est d’une importance économique pour la province de Québec. Que de petits vergers ne reçoivent pas les soins qu'on donne à la culture générale des céréales ou des légumes! En prenant chaque comté de la province où l'on fait la culture des fruits, nous pouvons compter des milliers d'arbres plus ou moins négligés. Ils donnent des fruits, en ont toujours donné peu ou Prou, sans que le cultivateur ait beaucoup à s’en occuper, nous l’'admettons; mais ce que nous osons affirmer ici ne surprendra personne. Un vieux verger peut être ramené à d'excellentes conditions de culture en procédant à sa restauration. En voici un exemple frappant.
Il s'agit d'un verger assez grand, ondulé. Iciet là, l'on apercevait bien la d'arbres desséchés, morts de maladie p étaient très nombreux. Non seulemen mais, peu à peu, à force de négligence et de manque de soins, partout,
une végétation étrangère croissait autour des arbres de sorte qu'on n'aurait pas cru que ce fût un verger;
Le travail du nettoyage fut long. Les arbres desséchés furent enlevés et le sol enfin déblayé de tout encombrement, la taille comme
très bien situé, sur un terrain silhouette d'un certain nombre robablement ; car les chancres t le sol avait été laissé en foin,
nça, et ce ne fut pas une sinécure. Partout les gourmands avaient poussé
malheureusement en toute liberté, non seulement dans la tête de la charpente, mais surtout autour du ironc des arbres. Quand on n'eut enlevé que ces gourmands, on en eut assez pour faire une pile énorme que l’on fit brûler non loin du verger. Naturellement, il ne fallut pas songer à appliquer ici les règles de la taille des vergers bien entretenus. Une éclaircie assez forte s'imposait de toute nécessité d'abord. On ouvrit la tête des arbres de façon à faire pénétrer un peu de lumière non seulement dans le centre des arbre sur tous les points. Plusieurs arbres eurent leurs branches charpentières rabattues de deux pieds. Ceci eut naturellement pour effet de faire pousser les arbres en tête de saule: (fig. 127 et 128): mais, dans le cours de l'été, on Supprima avec soin la plus grande partie des pousses de l'année. Ce ravalement des branches charpentières permit de créer une nouvelle charpente, plus basse là où les arbres s'étaient emportés par le haut.
Il a fallu couper de grosses branches ct les enduire d’un antiseptique épais au blanc de plomb. Chaque élagage était fait le plus près possible du tronc, de sorte que, même les grosses cicatrices ont commencé à se refermer.
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Après la taille, il a fallu songer à se défaire des insectes qui pullulaient dans le verger: kermès à coquille d’huître, cocons de Pyrale sous les vieilles écorces, etc. On enleva ces vieilles écorces avec une houe dont le tranchant était légèrement émoussé. Les lichens et les mousses, qui croissaient sur les troncs furent grattés, de façon à laisser aux arbres une belle écorce, sans trop de rides. Le -2sses branches furent également émousstes. Cette opération enle:a en même temps, une foule de Kermés.
On procéda ensuite aux pulvérisations. Comme le verger était très grand, il fallut faire l'acquisition de trois pulvérisateurs à gazoline. Ces machines ont fait un travail rapide: ce qui a bien compensé les fortes dépenses nécessitées pour leur achat. On fit les quatre arrosages réglementaires; le premier, avant le gonflement des bourgeons au printemps, avec de la bouillie soufrée du commerce, 1 dans 19; le le second, 1 dans 33 et les deux autres 1 dans 35. Contre les insectes on ajouta 2 Ibs d'arséniate de plomb pour 50 gallons de bouillie soufrée diluée, aux deux dernières pulvérisations.
À cause de la difficulté de travailler le terrain assez ondulé, on ne put cultiver le sol dans une partie du verger. Vers le commencement de juillet, on ensemença du trèfle. Ceci offrit l'occasion de constater une fois de plus les avantages résultant de la culture du sol; car dans cet endroit du verger, les arbres rapportèrent jusqu'à 20 boisseaux de pommes contre 5 à 6 dans les autres.
Ce qui frappe au premier abord, c'est la constatation des bénéfices réalisés dans ce verger de 411 acres, Contenant 2,000 arbres. A cause du rapprochement trop excessif des arbres, il n'y eut de récolte que dans 1,100 arbres la première année, les autres ayant produit beaucoup de boutons à fruits, auxquels il manquait de la vigueur pour la production de fleurs, étant pour la plupart, trop étiolées. Dans les arbres qui reproduisirent il a fallu recourir à l'éclaircissage. On récolta 5,500 boisseaux de pommes ou en moyenne 5 boisseaux par arbre. C'était certes là, un bon commencement et, puisque les arbres répondent si vite aux bons soins la première année, que ne doit-on pas en attendre dans les année subséquentes! D'ailleurs, même avec une si faible récolte et en ne tenant compte que de cette moitié seulement, le produit de la récolte couvrit tous les frais de la restauration; taille, culture, outils, arrosages et frais de main-d'œuvre avec un surplus de profit net de $1,600 la première année.
Voilà un exemple frappant entre cent, de la valeur réelle de la restauration d'un grand verger entreprise par le professeur G W. Hood, de l'Etat du Michigan. Les données sont authentiques.
Nous constatons avec plaisir que ce travail si important, du rajeunissement des vieux vergers dans la province de Québec est bien favorisé du Ministère de l'Agriculture de la province, et en maints endroits aujourd’hui, nous voyons les efforts des cultivateurs couronnés de succès. Nous mentionnerons particulièrement les bons effets produits dans les vergers de démonstrations.
Le but poursuivi par la Société de pomologie et de culture fruitière de la province, par l'établissement de ces vergers, fut de : .. 1on-
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