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Mise en commun de routes les recettes

2. Mise en commun des recettes provenant de certaines variétés de fruits.

3. “ Pro rata ” pour chaque variété et chaque qualité de fruits.

La première méthode était naguère la plus communément en usage dans l'Ontario. La classification des fruits étant faite, l'on fixait un prix moyen pour tous les fruits de chaque catégorie. Et ce prix était convenu pendant une certaine période de temps. Pour les sociétés pomologiques le prix moyen était fixé pour toute l'année. Cette méthode avait pour désavantage de n'établir aucune différence entre les bonnes variétés et les variétés de moindre qualité, partant d'encourager la culture des variétés inférieures. Elle était préjudiciable au producteur de bons fruits, attendu qu'une partie de la valeur de ses produits allait au producteur de variétés communes.

La deuxième méthode tend à se populariser. Les variétés de fruits d'une certaine espèce sont classifiées d'après leur qualité, puis les prix sont fixés en conséquence. Cette méthode ne cause pas d'injustice au producteur de bonnes variétés, mais encourage la culture des meilleurs fruits.

La troisième méthode donne entière justice au producteur, mais elle entraîne un système si élaboré de comptabilité qu'elle devient encombrante. Par ce procédé chaque qualité dans chaque variété est l'objet d'une comptabilité spéciale; le prix rapporté par chaque variété et chacune des qualités de chaque variété est mis en commun, puis divisé entre producteurs. La mise en commun des recettes est nécessaire, attendu qu'une consignation peut n'être pas vendue aussi bien qu'une autre, sans qu'il y ait faute de la part du producteur ou de la société. En suivant cette méthode chaque membre retire le prix exact de chaque variété vendue dont il apprend ainsi la valeur mercantile.

Nous voyons heureusement se dessiner un mouvement coopératif dans la province de Québec, qui tend de pius en plus à se généraliser. Les grands centres fruitiers ne manquent pas, et à ces endroits, il ne tient qu'aux cultivateurs de se mettre à la hauteur du mouvement pour maintenir là renommée des fruits de la province, tout en réalisant des bénéfices supérieurs. La récente fondation de la Société coopérative de Kamouraska, pour la vente et la conservation des fruits, devrait être suivie de plusieurs autres: car son bon fonctionnement et sa prospérité témoignent de la valeur réelle du mouvement.

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L'industrie fruitière est le centre sur lequel pivote l'organisation agricole dans la province d'Ontario à l'heure présente; elle s'y prête d'une manière toute particulière. La province doit expédier ses produits à de longues distances, soit dans l'Ouest du Canada, soit en Europe. Avant l'organisation des sociétés fruitières, le marché était entièrement à la merci des intermédiaires, et les abus de toutes sortes qui ont résulté de ce système ont été une entrave dont l'industrie, le marché et le commerce en général ont considérablement souffert.

Les producteurs ont senti le besoin de se spécialiser pour arriver au succès. Rarement le cultivateur mixte est-il un bon producteur de fruits, car cette industrie requiert une bonne dose de connaissances. Depuis qu'ils ont engagé la lutte contre les insectes et les maladies fongueuses, les producteurs de fruits comprennent la valeur de la science arboricole; par déduction logique ils en sont venus à la conclusion que l'art de vendre et la connaissance parfaite des marchés n'en sont pas moins nécessaires À connaître.

Il y avait en 1911, 36 soi-disant associations coopératives fruitières dans Ontario. On les divise en trois classes:

1. Associations de pomologie faisant principalement affaires sur les marchés étrangers.

2. Associations générales fruitières expédiant des pommes, poires, pêches, prunes, cerises, fraises, etc. sur les marchés éloignés.

3. Associations vendant des petits fruits sur les marchés domestiques principalement.

Ces associations peuvent se subdiviser en compagnies par actions proprement dites et en sociétés coopératives, ou en compagnies par actions transigeant leurs affaires sur le plan coopératif.

Presque toutes les sociétés qui font la vente des petits fruits ou des fruits en général, sont plus ou moins bien organisées: elles sont à base coopérative. Les autres, d'abord organisées au point de vue coopératif, ont dévié dans bien des cas de la voie qu'elles s'étaient tracée, faute de connaissances suffisantes ou pour d'autres motifs.

Sociétés Pomologiques.—La ‘Forest Fruit Growers' Association" est une organisation remarquable par sa simplicité. Elle ne dispose d'aucun capital-actions, son unique capital consistant en dépôts faits par les acheteurs. Elle loue un bâtiment où elle emballe la plus grande partie de ses pommes. Les ventes se font f. o. b. Chaque acheteur est requis de déposer en banque, comme garantie de paiement un certain pourcentage sur le prix des fruits, avant que ceux-ci soient expédiés; la balance est payable à date déterminée. La société paie alors une somme a-c aux producteurs sur chaque baril, gardant en réserve un certain montant du prix de vente réalisé pour couvrir les frais de la gestion. A l'assemblé annuelle, l'argent qui reste en caisse est partagé entre les producteurs proportionnellement au chiffre d'affaires que chacun a fait avec l'association. Sauf les emplovés requis pour la main-d'œuvre, il n'y a que le secrétaire-gérant qui reçoive une indemnité, sous forme de commission—5 centins par baril. La moyenne de l'emballage annuel de l'association est de 7,000 barils,

Oshawa Fruit G:owers’ Association, —C'est une compagnie à fonds social possédant un entrepôt central d'emballage. Elle prélève un impôt de tant par baril. Tous les fruits des membres adhérents sont mis en barils dans l'entrepôt de l'association. Les recettes provenant de ce chef constituent un fond à même lequel les dépenses sont payées, plus ua dividende de 6 p.c. fixé sur le “ stock."

La société vend par consignations. L'entrepôt et le mattriel utilisés pour l'emballage coûtent environ $5,000. L'entrepôt a une capacité de 8,000 barils.

Norfolk Fruit Growers’ Association.—Ceite société, dont le siège social est à Simcæ, Ont., ressemble À la société d'Oshawa, Son entrepôt toutefois est la propriété d'un groupe de membres constitués en compagnie À fonds social. Son emballage moyen est de 18,000 barils par année.

Associations Générales Fruitières.—Vient en premier lieu dans cette catégorie, la “ Burlington Fruit Growers’ Association ‘”, l'une des plus vicilles sociétés fruitières d'Ontario. Sa constitution est très simple, ou plutôt elle n'a pas de con:titution, pas de règlements, pas même d'entrepôt, ni de capital. Ses membres n'ont d'autre loi qu'une entente verbale entre eux. Chaque producteur emballe ses propres fruits et les expédie sur le marché sous son nom, selon leur valeur intrinsèque respective. La société possède un bureau de directeurs et emploie un gérant, À commission, qui est chargé de la vente des fruits, de leur transport sur les différents marchés de consommation, d'en percevoir le paiement entre les producteurs, selon le prix réalisé par chacun d'eux.

St. Catharines’ Cold Storage Company.—Cette compagnie est à fonds social, mais ses affaires sont transigées sur le plan coopératif. Elle a été organisée en 1896 et possède un entrepôt frigorifique évalué à $13,000. Son capital roulant est de $2,000, provenant de la vente inégale d'un certain nombre de parts. La compagnie a payé ses dettes au moyen des contributions reçues des nouveaux actionnaires et des dividendes. Elle travaille à effectuer le nivellement des actions de façon à leur donner une uniformité de $50.00 par membre. Lorsque ce résultat sera obtenu un membre n'aura plus droit qu'à un seul vote.

La société expédie des fruits dans toute la province d'Ontario, dans la province de Québec, ainsi que dans l'Ouest du Canada, consistant en pommes, poires, pêches, prunes, cerises, raisins, etc. Ses ventes rapportent annuellement $75,000.

La société tient à la disposition de ses adhérents, et même des nonsociétaires, tous les matériaux et les machines dont ils peuvent avoir besoin. Toutefois, les non-sociétaires ne bénéficient que de la demie de la réduction cordée aux membres actionnaires. Ce dépôt est d’un grand secours pour la société qui y trouve toute sorte de boîtes d'emballage, des pompes pulvérisatrices, des machines, des échelles, etc., des grains de semence, des engrais, des produits chimiques, en un mot tout ce qui est nécessaire à l'exploitation moderne des arbres fruitiers. C'est actuellement le magasin de gros temporaire de la

Fédération des Associations frutières d'Ontario. En 1908, ce magasin

fourni aux producteurs de fruits de ia province pour $27,000 de machines et de matériaux divers: en 1909 les affaires de la société s'élevaient de ce chef à $10,000.

La société facture un peu moins que le prix régulier du marché. Bien qu'à fonds social, cette compagnie à beaucoup de similitude avec le système danois décrit plus haut,

Associations de producteurs de petits fruits.--[La ‘Dunnville Fruit Growers' Association" est peut-être la plus ancienne société de cette classe, Le nombre de ses membres était d'environ 35 en 1911, Son activité à pour objet la vente des petits fruits sur les marchés lo- Caux. Chaque membre classifie et expédie lui-même sous son propre non ses différents produits. La société se charge d'acheter pour ses adhérents tous les articles: matériel d'embailage, etc., dont ils ont

Fig. 159.—-Promesse d'une récolte abondante de fruits—mai 1914.

besoin; de faciliter la vente des fruits sur les marchés avantageux, de répandre d'utiles enseignements parmi ses membres.

En général, les sociétés de petits fruits sont des branches locales de la “Ontario Fruit Growers’ Association,” dont le but est l'avancement des intérêts communs des producteurs de fruits de la province. Elles s'acheminent graduellement dans ja voie de la coopération pour la vente et l'achat en commun au bénéfice des adhérents.

Administration et dépenses.—L'administration de ces diverses associations repose à peu d'exception près sur le même principe. Dans tous les cas elle est régie par un bureau de direction composé d'un président, d’un vice-président, d'un secrétaire -qui est ordinairement gérant en même temps—, d'un trésorier et de quelques directeurs. Les dépenses sont couvertes par un impôt facturé sur l'emballauc. Quelques associatiuns font elles-mêmes l'emballage dans les vergers tt comptent aux producteurs le temps qu'elles consacrent à leur service. D'autres prélèvent une contribution annuelle sur leurs membres. Les

directeurs ne sont ordinairement pas rétribués, cependant quelques sociétés leur allouent $1.00 à $1.50 par jour en sus de leurs frais de déplacement, lors des assemblées. 11 est d'autres sociétés qui allouent un petit traitement à leur président, ($20. à $70. par année).

Voici sur quelles bases sont en général fixés les salaires des gérants:

L'une des associations plus haut nommées produit 1200 à 1500 barils de pommes par année; elle paie son gérant $2.00 par jour pour surveiller l'emballage et le chargement au chemin de fer. Quatre associations emballent 2,000 à 8,000 barils de pommes annuellement; elles paient 10 centins par baril aux gérants. D'autres associations, faisant des affaires plus considérables, paient 15 centins par baril, mais leurs gérants doivent supporter toutes les dépenses occasionnées par la comptabilité. Deux associations emballent 3,000 et 7,000 barils chacune annuellement et ne paient que 5 centins par baril, mais les gérants ne sont tenus qu’à l'expédition et à la vente des fruits, non à l'emballage. Une des plus grandes associations produit 20,000 à 40,000 barils par année; elle paie 20 centins par baril à son gérant: mais ce dernier paie les frais d'inspection et de comptabilité —soit environ $2,500 à $3,000. Deux associations paient des salaires fixes de $1,000 et de $1,500 respectivement à leurs gérants, plus un pourcentage sur le matériel que ceux-ci vendent occasionnellement aux membres. Deux petites associations, produisant environ 2,000 barils de fruits, ne paient ni salaire, ni commission; le bureau exécutif se chargeant des transactions. La plupart des nouvelles associations paient 20 centins par baril à leurs gérants, mais ceux-ci doivent supporter tous les frais de bureau et de comptabilité. Enfin, une association paie un salaire de $1,500 par année à son gérant, sans considération pour le nombre de barils emballés.

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