‹ La culture latine --Chapitre 16 sur 45 · Un feu, par une fraude maligne, fut porté aux nations · texte numérisé non relu

Un feu, par une fraude maligne, fut porté aux nations

voire d'anticléricalisme, les hommes de notre temps ne laissent pas de revenir, quelquefois, au Dieu de leur jeunesse, surtout lorsqu'ils voient s'approcher Theure de la mort. Ce que Huysmans, par exemple, a raconté en quatre volumes, Horace l'avait dit en quatre vers :

Parcus deorum cultor, Insanientis dum sapientia?

Consultus erro, nunc retrorsum Vêla dare alque iterare cursus Co^'-or relictos ^..

Il me souvient qu'un jour, dans le train le plus direct de la ligne Rome-Florence, nous étions trois voyageurs à écouter les précieuses explications géographiques que nous donnait un officier italien sur cette ré"-ion, à tant de titres illustre et sainte. Voilà le Soracte, dit-il tout à coup, et l'un de ses auditeurs lui répondit en récitant le premier vers de l'ode à Thaliarque :

Vides ut alta stet nive candidum Soracte...

(Vois comme se dresse le Soracte blanc d'une neige épaisse.)

Un deuxième voyageur, qui s'était approvisionné dun riche vin blanc au buffet d'Orvieto, leva son verre en complétant la citation :

Deprome quadrimum Sabina, 0 Thaliarche, merum diota .

(Tire d'une amphore sabine un vin de quatre années.)

1. Moi qui n'honorais les dieux que par de faibles et rares offrandes, égaré que j'étais par les leçons d'une folle sagesse, je suis obligé maintenant de tourner ma voile.

110 LA CLLIURE LATINE

11 me semblait que de tels propos devaient réjouir les mânes non fabuleux de Thaîiarque et surtout d Horace.

Si les vers du poète antique entrent, avec cette aisance, dans la familiarité de notre vie la plus moderne, que dire des thèmes éternels où son génie s'exerça de préférence ? Bien des poètes, tous les poètes, ont chanté la fuite rapide des années, les joies et les déceptions de l'amour, le vin de Falerne ou de Champagne, le repos des champs, les matinées printanières et les soirs d'automne, les vergers et les bois, l'amitié, les charmes de la paresse et les gloires de la vie militaire, l'austérité et les plaisirs, les douceurs d'une honnête maison et les fastes des palais, le murmure des ruisseaux et la majesté des monts silencieux, les quatre âges de la vie et la pensée de la mort, les malheurs de l'impie et la sérénité de l'homme qui craint la divinité. D"où vient qu'aucun de ces bardes n'est aussi vivant qu'Horace ? Que l'on songe aux Odes, aux Epodes, aux Epîtres^ l'ami de ]Mécène a été par excellence, il est et il sera le poète moraliste, le confident, le conseiller, l'ami de tous ceux qui trouvent charme et profit dans la méditation. Les ouvrages de récents et grands poètes ont vieilli, alors que le monument d'airain, de marbre et d'or conçu et exécuté par le génie d'Horace se dresse encore dans sa pure et toujours jeune beauté.

Faut-il citer quelques exemples ?

Gœthe a écrit : « 0 soleil, tu t'arrêtes et tu contemples Rome. Tu n'as rien vu de plus grand et tu ne verras rien de plus grand. — Plus on avance dans la

.^i Ai IRES ANTIQUES 111

vie, écrira-t-il ailleurs, et plus on la trouve profonde. Il en est de même de Rome. »

Belle en soi, la pensée prend une résonance, une ampleur et une profondeur extraordinaires, quand on songe qu'elle émane de cet archéologue érudit, doué de sens historique et de ce penseur qui avait nom Gœthe. Le peuple et les éphèbes romains qui chantaient le Carmen sœcularc avaient mieux dit :

Aime sol, ciirru nitido diem qui

Promis et celas, aliusque et idem

Nasceris, possis nihil upIdg Roma

Visere majus* !

Deuxième exemple. Lamartine n'a rien écrit de plus beau, on peut bien dire aussi, je suppose, ni de plus XIX' siècle, que les premiers vers du Vallon,

Mon cœur, lassé de tout, même de Tespérance, N'ira plus de ses vœux importuner le sort; Prêtez-moi seulement, vallons de mon enfance, Un asile d'un jour pour attendre la mort.

Horace avait dit :

... tamen,illic vivere vellem, Oblitusque meorum, obliviscendus et illis Neptunum procul e terra spectare furentem '.

Ne vous hâtez pas de proclamer des préférences qu'on devine; il y a peut-être un peu trop d'éloquence

i. Doux soleil, toi dont le char rayonnant dispense et ravit la lumière, toi qui renais toujours nouveau, toujours le même, puisses-tu ne rien voir de plus grand que la ville de Rome !

2. Cependant, c'est là que je voudrais vivre... oubliant les miens, oublié par eux, contempler, de la terre, les flots irrités...

H2 LA CULTURE LATLNE

dans le beau cri de Lamartine, il y a trop de dramatique insuffisamment ingénu. Hé quoi, c'est à l'ombre de son cher clocher, près des tombes chrétiennes de sa mère et de ses ancêtres que le poète méditatif se livre à cet accès de désespoir égotiste ? Que son cœur soit lassé de tout, même de Tespérance, on ne l'apprend pas sans une vive peine. Mais, par amitié pour le poète, hier encore chrétien, nous n'admettons point que son cœur soit lassé de souvenir, et surtout dans les vallons de son enfance.

Combien l'épicurien Horace se montre plus circonspect ! Il ne se dissimule pas à lui-même l'immense misère et l'insurmontable difficulté de ses solitudes : oublier les siens, en être oublié. C'est pourquoi l'orage déchaîné sur les flots ne sera qu'une image de Feffroyable tempête qui sévira dans son cœur. Enfin, Horace s'est enfui loin de ses maisons aimées dans un pauvre bourg désert, — à Lébédos, Lébédos, plus sauvage que Fidènes et plus sauvage que Gabies.

Troisième exemple, le célèbre Hoc erat in votis. Depuis Horace jusqu'à Vigny et à Lamartine, en passant par Segrais, Chénier et d'autres, que de poètes ont dit ou essayé de dire les joies saines d'un petit propriétaire content de son sort ! Aucun d'eux n'a su rendre, aussi bien qu'Horace, le rêve humain entre tous. Ou ils ont déclamé, ou ils ont trop recherché le pittoresque, ou ils se sont abandonnés au plaisir de développer un thème heureux, ou ils n'ont pas su condenser leur pensée, ni choisir les traits dignes de demeurer éternellement. Chacun d'eux a son mérite, certes, mais il semble bien que leur principale fonction soit de nous permettre de mesurer exactement la haute et inaccessible perfection d'Horace ;

MAÎTRES ANTIQUES jll3

Hoc erat in votis ; modus aj^ri non ita magnus, Hortus iibi et tecto vicinus jugis aqua^ tons, Et paiilum silva? super his foret. Auctius atque Di melius l'ecere; bene est. Xihil ampliiis oro '.

C'est donc un fait que, de tous les écrivains antiques ou modernes, Horace est celui qui se mêle le plus facilement à nos conversations et les domine avec le plus de o^râce. Conférenciers, journalistes, hommes de salon et simples bourgeois, quelle que soit Thorreur naturelle ou la peur que leur inspire le pédantisme, tous ceux qui causent ou écrivent se voient dans Theureuse obligation de citer des fragments de vers d^'Horace, que rien ne peut remplacer, ils disent : non omnis moriar, mens divinior, virtus post mimmos, odi profaninn vulgiis, progeniem vitiosioreni, animœ dimidium meœ, Epicuri de yrege porcum, nil admirari^ angustani pauperiem pâli, si fraclas illabatur orhis^ donarem paieras^ carjje diem, rclicta non bene parmula, ibam forte via sacra^ non erat hic locus ; Soimus et hanc veniam petimusque damusqxie vicissim; Levius fit patientia quidqnid corriger e est nef as; Nidlam^ Vare, sacra vite prius severis arborem; Tu ne quœsieris scire nef as quem mihi^quem tibi^finem di dederint; Cur vai/e pcrinutem Sabina divitias operosiores ? Dulce est desipere in loco^ etc., etc.

Horace a donc marqué d'une définitive empreinte romaine les pensées les plus universelles, et les plus indispensables à la vie de l'humanité. Il faut le citer

1 . Tels étaient mes vœux : un champ d'une nTédiocre étendue et dans son enceinte, un jardin, avec une source d'eau vive autour de la maison et un coin de forêt. Les dieux m'ont donné davantage et mieux ; c'est bien. Je ne demande plus rien.

Delfour. Culture, S

OU se résigner à dire moins bien que ne pensent, autour de nous, les hommes cultivés. Cela tient à une perfection de style qu'on a pu qualifier d'excessive, mais qui représente un prodige.

Est-il possible d'en distinguer, puis d'en caractériser les éléments essentiels ? C'est douteux. Mais à tenter cette œuvre trop haute, même avec des moyens insuftisants, on trouve, du moins, cet appréciable profit de vivre, pendant quelques heures, dans la plus grande intimité d'Horace. •

Ess:iyons de comprendre ce qui fait la beauté, l'éternelle jeunesse, la fraîcheur, l'incorruptible pureté du style d'Horace, il faudrait dire, si l'on n'hésitait pas à employer un mot vieilli et aujourd'hui décrié, de ses lieux communs. Tout d'abord, la pensée d'Horace, qui est à la fois complète et naturelle, ni trop haute, ni vulgaire, apparaît à ce point nuancée, sans cesser d'être forte, qu'elle peut servir de canon à tous les écrivains que tourmente la grande devise de Périclès : MsTp-oj;

£'-ÎÎV.

Il s'agit, par exemple, de remplir une des fonctions les plus belles, les plus douces et les plus douloureuses à la fois et les plus délicates surtout, qui incombent aux humains de tous les temps et de tous les pays; il s'agit d'apporter des consolations qui soient consolantes à un ami frappé dans ses plus chères affections. Pour ceux qui n'ont pas une foi très précise en l'au-delà, et même pour ceux qui l'ont, il est un très petit nombre de considérations qui s'imposent au cœur ou à l'esprit. Ces considérations, on peut les résumer ou les développer, on peut les présenter sous une forme simple ou avec un grand appareil romantique, on peut et on doit les compléter, quand on est

chrétien, mais on ne saurait les éviter sous peine de divagation. Horace a su leur donner le maximum de puissance et de précision. Virgile s'abandonne au désespoir, parce qu'il a perdu son ami Ouintilius. Eh bien, Horace admet que la douleur de Virgile s'étende, et dans deux directions, jusqu'à Tinfîni ou du moins jusqu'aux limites que peut atteindre la nature humaine. Vous pleurez, ô Virgile, vous pleurez la tête si chère de Quintilius. Ne mettez aucune contrainte dans l'expression de votre douleur qui n'a pas de limites :

Quis desiderio sit pudor aut modus Tarn cari capitis ?...

La douleur de l'ami constatée, mesurée et certifiée profonde jusqu'à l'infini, il convient de s'associer à son désespoir. Par les soins d'Horace, la Muse au manteau bleu, la tragique Melpomène, chante aussitôt, de sa voix d'une limpidité divine, et avec accompagnement de harpe, un chant funèbre. Que dit-elle ? Elle dit, à sa manière de fille du plus grand des dieux, elle dit que Quintilius est mort. Ce sont là les trois mots qui forment la substance de toutes les conversations, oraisons, cérémonies et chants funèbres : il est mort. La formule d'Horace appartient au plus pur, au plus romain et au plus indestructible style lapidaire. Donc, sur Quintilius un perpétuel sommeil... pèse :

Ero^o, Quintilium perpetuus sopor Urget 1...

Il est mort.

Le panégyrique de s s vertus^ un panégyrique à la romaine, ne remplira pas plus de deux lignes, mais il

se présentera si complet et si beau, qu'on se demande comment il serait possible d'ajouter à sa haute signification. Les plus religieuses vertus romaines, la Pudeur et la Bonne Foi incorruptible, sœur de la Justice, la Vérité sans fard, viennent témoigner devant le cercueil de Quintilius que jamais mortel ne fut son égal :

Quando ullum invenient parem ?

La preuve qu'un mort fut illustre et bon se trouve principalement dans l'unanimité des regrets qu'il laisse parmi les honnêtes gens. En un vers savant, musical et plaintif, Horace dit ses regrets que relève un éloge infiniment délicat de Virgile.

Multis ille bonis ilebilis occidit, NuUi flebilior quam tibi, Virgili, Tu frustra pius...

En vain ton art incomparable de musicien se metil au service de ta douleur, ô Virgile, tu n'arracheras pas Quintilius au noir troupeau, où l'a poussé pour toujours Mercure. Il est mort, et il est bien mort. Alors quoi ?.. Il faut se résigner:

... levius fit patientia Quidquid corrigere est nefas.

Aucun tombeau de marbre, fût-il de Paros, eût-il pour auteur Phidias, et se dressât-il sur le cap Sunium ouïe Pausilippe, ne vaudrait cette élégie de vingt vers.

Horace n'est pas moins inspiré lorsqu'il met en strophes alcaïques, ou saphiques, ou asclépiades, les autres lieux communs. (Oh î Thorrible mot, pour désigner de si authentiques beautés!) Il a parlé de Tami-

3IAÎTRES ANTIQUES 117

lié mieux que La Fontaine et que Fénelon ; il a pu dire à Mécène dans Télan d'une parfaite sincérité lyrique : « Par toi, je vis ; sans toi, je mourrai. » Et il a tenu parole...

111e dies utramque Ducet ruinam...

ibimus, ibimus.

Utcumque prêecedes, supremum Garpere iter comités parati.

(Le même jour amènera notre mort commune... nous irons, nous irons ensemble, en quelque lieu que tu me précèdes, compagnons prêts à faire le dernier voyage.)

De toutes les autres fonctions, de tous les rites sociaux, de toutes les pensées les plus habituelles et les plus universelles que la vie nous impose, tous les jours ou plusieurs fois par jour, Horace a rédigé la parfaite, l'immuable formule.

Vous plaît-il d'inviter un ami à diner, lisez préalablement le délicieux, encore qu'un peu scabreux billet qu'Horace adresse à Torquatus : « S'il ne te répugne pas de t'étendre sur des lits de la façon d'Archias, je t'attendrai chez moi, Torquatus, au coucher du soleil. Tu boiras d'un vin récolté sous le second consulat de Taurus. Déjà le foyer brille et tout le mobilier, en ton honneur, est d'une irréprochable propreté... Tu pourras te mirer dans les coupes et dans les plats. »

En présence d'un coucher de soleil ou d'une nuit d'été, voulez-vous penser en homme, tout en évitant les trop longues et trop oratoires rêveries romantiques ? laissez chanter dans votre mémoire, les vers très connus d'Horace :

Hune solem et stellas et decedentia certis Tempora momenlis, sunt qui formidine uiilla Imbiili speclent 1...

Stelhe sponle sua vagentur et errent '?

Parmi les écrivains qui ont précédé ou suivi Horace, aucun n'a jamais mieux dit, aucun peut-être n'a aussi bien dit. Même dans des genres littéraires où des hommes de génie s'étant spécialisés ne devraient craindre aucune comparaison, il semble qu'Horace se soit approché, plus qu'eux, de la perfection absolue. Quel est le romantique peintre de paysage qui compte à son actif beaucoup de vers comme ceux-ci ;

Dicas adductum propius frondere Tarentum *,

ou ces deux autres :

Et praeceps Anio, ac Tiburni lucus, et uda Mobilibus poinaria rivis*...

A chaque génération, des penseurs, des poètes, des savants ou des électeurs sans mandat se posent cette question : Sommes-nous en décadence? Horace a mis, dans la rédaction de cette pensée, tant de précision ingénieuse et de fermeté, qu'il peut se flatter d'avoir réduit au désespoir tous les écrivains à venir :

1. Gs so'eil. ces étoiles et ces saisons qui s'écoulent à des époques déterminéeà, il est des hommes qui les considèrent sans aucune émotion!... Est-ce d'elles-mêmes que les planètes se meuvent dans Tcspace ?

2. On croirait qu'on y a transporté toutes les frondaisons de Tarente.

3. Les cascades de l'Anio, les bois de ïibur et ces vergers, où de mobiles ruisseaux entretiennent la fraîcheur...

j¥Ahs pareiUum pejor avis tiilil Nos nequiores mox daturos Progeniem viliosiorem *.

Certes, Horace avait moins de lianime patriotique, moins de grandeur morale, moins de génie, si l'on veut, que notre Corneille. Puis, comme nous avons d'excellentes raisons de ne pas trop nous en rapporter à l'austérité de ses mœurs, nous nous mettons en garde contre sa rhétorique, dès quil parle le mâle langage du patriotisme. N'importe; de quelques-uns de ses vers on dirait qu'ils sont de granit ou qu'ils ont une résonance cornélienne,

Delicta majoriim immeritus lues...

Romain, tu subiras, sans le mériter, le châtiment des crimes paternels, aussi longtemps que tu n'auras pas relevé les sanctuaires, les temples des dieux qui s'écroulent et leurs statues que souille une fumée noire.

C'est dans ta soumission aux dieux que ta puissance réside ; c'est là qu'il faut chercher les causes de ta grandeur ou de ta ruine :

Dis te minorem quod g'oris, imperas ; Ilinc omne principiura hue refer exitum.

Fustel de Coulanges a développé le premier de ces vers en un livre admirable /" /<r^ Cité antique ) .^loniQSquieu a fait du second, en le mutilant d'ailleurs, le

1. Pires que nos aïeux, nos pères ont enfanté des fils plus coupables, qui vont donner le jour à une race plus dépravée encore.

litre de son grand ouvrage (Grandeur et Décadence des Ro7nains). Ni l'un ni l'autre n'égale Horace en noble laconisme, mais il se trouve quîiorace est plus vrai que Fustel, aussi lin et plus profond que Montesquieu.

Quelqu'un me dira : « Et que faites-vous des pages odieuses qui déshonorent l'œuvre d'Horace ? »

Je l'avoue, Horace est, dans toute la laideur morale du mot, un païen, et quand il tombe, c'est dans la pire abjection. Il nous suffit d'ignorer ces misères dont il n'v avait pas trace dans les éditions classiques d'autrefois. Mais l'Eglise a sauvé une première fois Horace par ses copistes, et elle a le droit de défendre en lui, aujourd'hui, contre les barbares de la Sorbonne et d'ailleurs, un type de civilisation supérieure. Il y aurait lieu de savoir, au surplus, jusqu'à quel point notre divine liturgie catholique est, ou n'est pas, tributaire de b savante versification d'Horace. Nous chantons des hymnes comme Ylste confesser où presque rien n'a été changé des mètres qu'Horace avait transportés de la Grèce dans le Latium. Mais, même dans celles de nos hymnes chrétiennes qui témoignent d'une presque absolue originalité rythmique, il n'est pas du tout démontré que l'influence d'Horace ne se fasse point sentir. Par la pureté du goût, par l'horreur de l'emphase, par la finesse de la psychologie, la délicatesse des sentiments, les hymnes du Bréviaire sont classiques.

MAÎTKLiS AMIUUES 121

Page 1