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L'histoire de l'Hellénisme

12 LA CULTURE LATLNE

comme la Macédoine de Philippe et d'Alexandre se confond avec la Prusse des Hohenzollern. La haine solide que le Germano-Macédonien Droysen nourrissait contre TAthènes déjà parisienne de Démosthène et d'Hjpéride se révèle trop clairement dans le récit de la tragique aventure qui advint au philosophe Callisthène d'Olynthe. On raconte qu'un jour Callisthène était assis à la table du roi, et que celui-ci, pendant qu'on buvait, lui demanda de faire un discours à la louange des Macédoniens ; Callisthène s'exécuta avec le talent qui lui était particulier, au milieu des plus bruyants applaudissements des convives. Alors le roi dit qu'il était facile de glorifier ce qui était glorieux, et que c'était en parlant contre ces mêmes Macédoniens, et en leur donnant une leçon, au moyen d'une juste critique, que Torateur devait prouver son talent. Le sophiste le fît avec une amertume débordante : c'étaient, dit-il, les déplorables divisions des Grecs qui avaient fondé la puissance de Philippe et d'Alexandre ; en temps d'émeute, un misérable peut aussi, quelquefois, arriver aux honneurs. Les ^Macédoniens indignés se levèrent, et Alexandre s'écria: « Ce n'est pas de son talent, mais de sa haine contre nous que TOlynthien a donné la preuve. » Callisthène se retira dans sa tente et se dit à lui-même : « Patrocle aussi dut mourir et pourtant, il était plus que toi *■. »

Plus tard, et pour d'autres raisons peut-être, Cal-

isthène fut condamné à mort. « Callisthène, qui était

Grec, dit Droysen, et qui n'était pas soldat, fut jeté

dans les fers pour être jugé... D'aprèsle récit d'Aris-

tobule, Callisthène mourut dans les fers, pendant la

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