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CHAPITRE

ou LES ÉLÉ3IEMS ESSENTIELS DE LA CULTURE ROMAINE

La pure humanité latine a pour objet de rendre plus hommes ceux que dirige la raison la plus générale : elle cherche et atteint l'universel et 1 "éternel. Beauté surhumaine de Tordre romain, définitivement représenté par Tnglise. La cadence du monde. VAthéna de Sophocle, et la Docirina sacra de saint Thomas*.

Trop d'éloges furent décernés à la trop fameuse prière, que fit un jour Renan, sur LAcropole, en présence d'Athéna. Cette prière est un blasphème, un blasphème à la fois religieux et littéraire; cette leçon d'élé-

1. Il n'y a pas lieu de faire intervenir, ici. la trop célèbre théorie de la Race. Avec raison, M. Séailles écrivait à M.Romain Rolland : « Je vous abandonne la théorie de la race, théorie germanique, théorie démodée, démentie par la science et par Thistoire. dont le matérialisme ne laisse de Thomme que la béte: pour la latinité, je fais toutes mes réserves. La latinité n'est pas la race; elle est une langue, une tradition, une culture, un bien d'ordre spirituel, un héritage commun, le premier dessein d'une plus grande patrie... »

Il faudrait ajouter, seulement, que ce bien d'ordre spirituel offre un caractère très religieux et porte un nom très connu, car il s'appelle le catholicisme.

gance pèche gravement contre le bon goût ; cet appel à la claire raison et à la logique classique, est un monument d'incohérence ; cet hymne à la santé spirituelle du genre humain témoigne d'une intime dépravation ; cet exercice de cadences philosophiques et poétiques porte comme la marque de fabrique d'une grande entreprise de marqueterie littéraire. L'artillerie vénitienne fut moins cruelle à Athéna que la liturgie de M.Renan. N'importe, la triste prière demeurera comme le témoignage éternel de l'impuissance et de la corruption romantiques.

Plus récemment, M. Anatole France écrivit, eu l'honneur de Minerve, quelques lignes brèves d'une rare beauté S

Vous avez vu parfois sur la première page d'un grand et somptueux livre, édité il j a trois siècles, des génies ou des muses tressant des guirlandes avec une souriante gravité. La seconde partie de la préface de M. France, qui contient douze lignes, très exactement, produit une impression semblable. Pesons chacun des mots que choisit M. Bergeret. Il fait d'abord amende honorable au plus pur de nos classiques français ; « En dépit des romantiques, j'ai toujours aimé Racine; mais j'avais des sévérités. » Rien n'est plus fondé en raison que ce reproche. Alors même qu'ils célèbrent Racine, les romantiques travaillent, plus ou moins consciemment, à diminuer les bienfaits de sa direction spirituelle. D'abord, ils sont encombrants, encombrants comme personne n'a encore osé le dire, et puis, ils portent constamment atteinte à la pureté du goût français. Les fanatiques du temps d'Hernani chantaient

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