CHAPITRE II
Les précurseurs et ancêtres romains du Surhomme chrétien ou Saint. Comparaison entre César et Caton d'une part, et de l'autre, entre Napoléon et l'Homme au beffroi bleu. Le vrai candidat à la surhumanité chrétienne, c'est le Romain, prêtre-soldat des premiers siècles. Quintus Caecilius Métellus le Numidique et la gens Cti3cilia. Sainte Cécile,
Analyse du fait héroïque chez les Romains et chez les chrétiens. Mucius Scaîvola et saint Laurent. Régulus et saint Sébastien. Les rapports du christianisme et de l'idée de Force, définis par saint Christophe. Christas vincit, Christus régnât, Chrlstus imperat.
Toute sa vie durant, saint Augustin fut tourmenté par ce qu'on pourrait appeler le problème de Lhéroïsme. Il voulait savoir quelle est exactement la valeur morale et dynamique des grands hommes, surtout des grands hommes païens. Car, sur la supériorité relative et absolue de nos saints, il possédait une tranquille certitude. Et il va, sans dire, que ses investigations historico-psychologiques aboutirent à de décisifs résultats. Nous n'avons qu'à les mettre à profit.
Après Salluste, saint Augustin fait choix de deux héros païens : César et Gaton. Il a tôt fait d'écarter le premier qu'il juge égoïste, cruel, essentiellement immoral. Mais la grandeur d'un Caton, qui participe de certaines vertus religieuses et morales, se rapproche davantage de la grandeur chrétienne. Le cas de ce vieux Romain intéresse et inquiète même saint Augustin.
Un triple amour animait les rudes générations qui portèrent si haut la prospérité de la République, Tamour de la liberté, de la domination et de la gloire. Il arriva bien vite que le sentiment de la liberté s'éteignit dans les âmes, de sorte que saint Augustin n'a pas longtemps à s'en occuper. Même chez un Caton, l'amour de la gloire se révèle si peu désintéressé, qu'il s'attire une immédiate condamnation. « Salluste dit de Caton : « Moins il cherchait la gloire, plus elle le » suivait. » Qu'est-ce, en effet, que cette gloire dont le désir enflammait leurs âmes? C'est la bonne opinion que l'homme a de l'homme. Et c'est pourquoi cette vertu vaut mieux que nul témoignage humain ne contente, si ce n'est celui de sa propre conscience... La gloire donc, l'honneur et le pouvoir, objets de tant de vœux et où les bons s'efforcent d'arriver par des arts honorables, doivent, non pas avoir la vertu à leur suite, mais marchera la suite de la vertu... Ainsi même, ces honneurs que demandait Caton, il n'aurait pas dû les demander ; mais la République aurait dû les décerner à sa vertu, sans qu'il les demandât. »
Cependant, le vieux Romain se rapproche, à d'autres points de vue, de l'idéal chrétien, que l'évêque se représente avec tant de netteté. Salluste, en effet, attribue à Caton ce beau langage : « Gardez-vous de penser que ce soit par les armes que nos ancêtres
aient fait la République de si petite, si grande. S'il en était ainsi, elle serait entre nos mains mille fois plus florissante que jamais ; n'avons-nous pas plus d'alliés et de citoyens qu'eux, plus d'armes et de chevaux ? Mais il est d'autres choses qui firent leur grandeur et qui nous manquent : au dedans, activité ; au dehors, commandement juste ; dans le conseil, esprit libre, dégagé de Tinfluence des vices et des passions. Au lieu de cela... »
Saint Augustin admet qu'une élite de Romains mérita cet éloge. Certes, ils n'atteignent pas les hauteurs surnaturelles de l'héroïsme chrétien, mais, visiblement, ils sont du chêne dont on fait les martyrs, les apôtres et les saints politiques. On en trouvera la preuve dans deux pages de Y Oraison funèbre de Condé, qui sont ou qui passent pour être très connues. Sur un premier plan, Bossuet esquisse, d'après saint Augustin, le portrait du héros purement humain, puis sur un second plan, celui de Ihomme surnaturel ou du Saint. Il est sans doute permis de parler, ici, de greffe chrétienne et d'olivier sauvage. Les vices du Romain, encore païen, appelaient la discipline de l'Eglise, comme son insuffisance morale attendait, en quelque sorte, le couronnement des vertus catholiques.
Le Surhomme, selon Fichte ou Goethe ou Nietzsche, se prêterait-il à cette noble transformation? Prenons, par exemple, les deux Hommes avec immenses majuscules que consent à admirer Carlyle. Sans doute, Carlyle naquit en Angleterre, mais il se suicida pour ressusciter sous le vilain nom de Teufelsdrœckh ; il est plus Allemand, que les Allemands d'Allemagne. Laissons-le, nous présenter ses deux héros : « Cet homme (Napoléon) était un divin missionnaire, bien qu'inconscient de
cela, et il prêchait, par la gorge des canons, celte grande doctrine : La Carrière ouverte aux talents; doctrine qui est notre définitif Évangile politique, évangile qui, seul, peut nous donner la liberté. Il prêchait, il est vrai, d'une manière assez désordonnée. On peut le comparer à un pionnier américain qui ne sut point se passer de liqueurs fortes, d'intempérances, ni même de pilleries, mais que pourtant suivra et bénira, en fauchant la moisson sans bornes, le paisible Semeur. »
Ce portrait appelle trois remarques :
Premièrement, Carlyle, qui déclame si souvent, et avec tant d'emphase, contre la Révolution française, s'improvise, ici, son panégyriste. Il constate que Napoléon eut pour mission essentielle de prêcher, selon la mode des artilleurs, les immortels principes, et il paraît lui en savoir gré. La surhumanité allemande, c'est donc la Révolution française, d'après Teufelsdrœckh. Hélas, nous ne le savions que trop bien. Par l'intermédiaire de Jurieu, Luther avait fourni toute leur doctrine aux grands ancêtres des actuels Français. Réforme, Révolution dite française et surhumanité allemande représentent trois aspects peu différents d'une seule et même force.
Deuxièmement, dans la pensée de Carlyle-Teufelsdrœckh. Napoléon n'est pas, comme Surhomme, suffisamment décoratif, il a trop pillé et massacré. Au lendemain de la guerre de 1914, le reproche nous apparaît au moins singulier, émanant d'un admirateur forcené de la culture allemande.
Et troisièmement, enfin, Carlyle-Teufelsdrœckh, ose rattacher sa culture au christianisme. Il n'apporte aucune preuve à Tappui de sa prétention, ce qui nous dispense de discuter avec lui. Retenons bien seule-
ment cette sournoise manifestation de diplomatie piétiste : qu'ils soient d'Angleterre ou d'Allemagne, les néo-protestants veulent marier la Révolution avec TEvangile.
Napoléon, cependant, ne représente, aux yeux de Carlyle, qu'une ébauche du Surhomme. Le Surhomme proprement dit, eh, mon Dieu, c'est Cîirlyle-Teufelsdrœckh lui-même. 11 faut se le représenter dans la solitude du cap Nord, par un minuit de juin. « Un manteau à l'espagnole de couleur bleu clair lui pend tout autour, comme son plus commode, son principal et même unique vêtement de dessous, et il se tient là, sur le promontoire du monde, contemplant la Mer infinie, pareil, nous figurons-nous, à quelque petit beffroi bleu, maintenant silencieux sans doute, mais prêt, à la moindre impulsion, à sonner les plus ingénieuses variations. » (Sartor resartus).
Comme trouvaille romantique, le petit beffroi bleu qui pense a sa valeur. Mais ne croyez pas qu'il se laisse absorber par la seule contemplation. Contre Teufelsdrœckh le méditatif, s'avance un homme ou un monstre velu, énorme comme l'ours hyperboréen, bref, un contrebandier russe. Carlyle-Teufelsdrœckh tire de sa poche un respectable pistolet d'arçon de Birmingham, et il dit (à l'Ours russe) : « Soyez assez obligeant pour vous retirer, mon ami, et vivement. » L'hyperboréen se retire en grognant des excuses. Carlyle-Teufelsdrœckh conclut : « Enfin, c'est David et Goliath, l'un impuissant, l'autre invincible ; l'Animalité sauvage n'est rien, la Spiritualité inventive est tout. »
En vérité, cette spiritualité inventive, essence du Surhomme, se réduit à peu de chose. L'outil dont dis-
pose Teufelsdrœckh vaut mieux que l'outil que possède ou ne possède pas le contrebandier russe. Ce n'était pas la peine d'écarter Napoléon comme insuffisant, ni de se transformer en beffroi bleu. De son vrai nom, le Surhomme de Garlyle s'appelle le Plus Fort, au sens le plus matérialiste du mot.
Comment ce vainqueur du monstre velu deviendrait-il un héros chrétien, un saint ?
Laissons-le donc aux prises avec son Ours russe, et revenons aux Romains, candidats éminents, eux, à la direction de la grande culture chrétienne. Un grand nombre d'entre eux, il est vrai, s'attardèrent à pasticher purement et simplement, en pleine ère chrétienne, le stoïcisme devenu archaïque du vieux Caton. Mais Télite de la société romaine embrassa la religion chrétienne. C'est parmi les ancêtres de cette élite qu'il convient de chercher les précurseurs antiques du Surhomme chrétien ou Saint.
Prenons comm.e exemple un héros qui, dans la perspective historique, ne se présente qu'au second plan : Quintus Caecilius Métellus le Xumidique. Envoyé dans sa jeunesse à Athènes, pour y recevoir les leçons du rhéteur Carnéade, il en revint orateur distingué ; mais ses principes de morale ne lui permirent jamais d'user de son éloquence qu'en faveur du bon droit, et on le vit refuser de plaider la cause de son beau-frère Lucullus, parce que celui-ci lui semblait avoir forfait à l'honneur. En 645, il part pour la Numidie, où la fortune de Rome cédait devant l'âpre et savante résistance de Jugurtha. Il fallut peu de temps à Métellus pour remonter le moral de l'armée, et pour humilier un si redoutable adversaire. Mais, à ce moment précis. Marins parvint, par ses intrigues auprès du Sénat, et par
ses flatteries envers la populace, à se faire attribuer, avec le consulat, le commandement de l'expédition en Numidie. Métellus dut revenir à Rome. Contre son attente, il fut reçu avec les plus vives démonstrations d'enthousiasme et de reconnaissance. Des médailles furent frappées en son honneur et, au grand dépit de Marins, le surnom de Numidique lui fut décerné d'un commun accord.
En G52, Métellus était censeur avec son cousin Caprarius. Rome tout entière fut contrainte de s^incliner sous le joug austère de ces deux Gaecilii, non sans des réactions violentes qui allèrent jusqu'à contraindre le Numidique de se réfugier au Capitole.
Une nouvelle intrigue de Marins suscita la discussion d'une loi agraire. Le projet de cette loi, présenté par le tribun Apuléius Saturninus, portait, qu'après acceptation par le peuple, tout sénateur qui ne consentirait pas à la jurer, se verrait interdire Teau et le feu. Marius proposa au Sénat de jurer la loi, en sous-entendant une clause qui aurait annulé le serment, persuadé qu'il était que le Numidique ne se prêterait jamais à une telle feinte. Il ne s'était pas trompé. Les sénateurs juraient de toutes parts, et suppliaient le grand homme d'imiter leur exemple. Métellus fut inflexible et accepta de subir la peine qu'avait méritée sa probité. En quittant le Forum, il disait à ses amis : « Faire ce qui est mal, c'est le propre des esprits mauvais ; faire, sans courir de risques, ce qui est bien, peut appartenir aux âmes vulgaires ; l'homme de cœur ne s'écarte jamais de ce qui est juste et honnête, qu'il ait à attendre la récompense ou les menaces. »
N'était-ce point à cette scène d'une grandeur si pu-
rement romaine que songeait HoracCy tandis qu'il écrivait certaine strophe célèbre et souvent mal comprise ; Justiun et tenacem propositi virum non civium arc/or praia jubentium ^..?
Orateur distingué et capable de se taire, général heureux, censeur austère, vainqueur des tumultes démagogiques, Quintus Caecilius Métellus le Numidique apparait donc comme le type achevé du Romain homme d'Etat.
11 est, cependant, quelque chose de plus beau, de plus grand qu'un Caecilius, s'appelàt-il le Numidique, c'est la gens Gaecilia elle-même. Ascendants et descendants de notre grand homme comptent en efîet, à leur actif, un certain nombre de traits héroïques qu'on voudrait attribuer à tous et à chacun des membres de la famille. Un Caecilius Métellus sut ajouter de l'éclat, même à la dignité de pontife suprême dont il était revêtu. Un incendie dévorait le temple de Vesta et allait faire périr le Palladium et les autres objets sacrés, auxquels Rome croyait ses desseins attachés. Les Vestales elles-mêmes avaient fui. Métellus s'élance au milieu des flammes, et enfin il reparaît portant dans ses bras à demi-consumés le signe tutélaire de la première Rome. Ses yeux avaient cruellement souffert de l'action du feu, et ils en demeurèrent frappés de cécité.
Un troisième Cœcilius fit construire les deux premiers temples de marbre que Rome eût vus dans son enceinte, dédiés l'un à Jupiter, l'autre à Junon. On remarqua qu'il n'inscrivit point son nom sur ces monuments.
1. Le juste, l'homme inflexible dans ses principes, est sourd à la voix séditieuse d'un peuple égaré qui ordonne le crime.
Plusieurs Cœcilius Métellus portèrent le nom de Pieux, et une P ictus fif^'ura sur leurs médailles '.
Comment, après cela, le nom seul de Caicilius n'évoquerait-il point le parfait idéal du Romain de la grande époque, prêtre, soldat et homme du gouvernement ?
Mais, en même temps, il semble appeler l'Église prochaine.
De ces Métellus nous disons tout bas qu'ils ont trop de vertus pour n'être pas chrétiens, et aussitôt se dresse devant nos yeux, la gracieuse et glorieuse image de sainte Cécile. La fille des Cœcilii et des Scipions mérite de prendre rang parmi les fondateurs les plus certains de la Rome chrétienne. Ainsi s'achève la glorieuse dynastie, comme la colonne Trajane se couronne de la statue de saint Pierre, et la colonne Antonine de la statue de saint Paul.
Il n'est pas jusqu'au fait héroïque lui-même qui, examiné d'un peu près, ne révèle une visible analogie entre la surhumanité romaine et l'héroïsme chrétien. « Conduit devant le roi (Porsenna) le jeune Mucius Scaevola posa sa main droite sur un brasier ardent et la laissa brûler, pour la punir, dit-il, de s'être trompée. » On lit dans la Vie des Saints ; « Laurent fut étendu sur un gril sous lequel on mit des charbons enflammés et où on le maintint avec des fourches de fer. Et Laurent dit à Décius : « Eh bien, tu m'as suf- » fîsamment rôti d'un côté, retourne-moi de l'autre » côté, après quoi, je serai à point 1 »
Entre un Régulus retournant à Carthage pour y être supplicié, et un saint Sébastien venant s'offrir.
1. J'emprunte ces beaux traits à la Sainte Cécile de Dom Guéranger.
une seconde fois, à une mort atroce, une certaine ressemblance de famille existe.
Dans l'étrange et un peu surhumaine institution du collège des Vestales, il est impossible de ne pas reconnaître un fond de profonde vérité morale, et, aussi, comme une figure prophétique des réalités saintes qui remplissent les premiers siècles de l'ère chrétienne.
On est prié, ici, de ne point croire, à un degré quelconque, que je veuille identifier le paganisme avec le christianisme, ou seulement, atténuer la violence de leur opposition. Le paganisme, c'est le mal, mais la religion de Vesta, qui est l'essence de la religion romaine, contient de si purs éléments religieux, que rÉglise n'hésita pas à les conserver. Le Pape ne porte-t-il pas encore le titre de Pontife souverain, pontifex maximus ?
L'héroïsme des premiers chrétiens diffère de l'héroïsme des premiers Romains, en ce sens qu'il est exempt de férocité et qu'il s*allie, dans les âmes, avec la pureté et la douceur. Mais, à ne considérer que la force en soi, les martyrs apparaissent comme les successeurs presque directs des fondateurs de Rome. Ils mettent au service de leur foi la traditionnelle énergie nationale. La conscience de leur force invincible éclate dans toutes les répliques d'audience que leur arrache la subtile cruauté de leurs bourreaux. Désertant la Rome officielle, la force est passée pour toujours dans la Rome chrétienne. Elle se révèle tantôt sous la forme d'attraction, et tantôt sous forme de puissance souveraine, dominant toutes les autres puissances rivales. Le chapitre que la Légende dorée a consacré à saint Christophe est, à ce point de vue, extrêmement significatif : « Étant au service du roi de son
pays, l'idée lui vint un jour de se mettre en quête du plus puissant prince qui fût au monde, et de servir, désormais, celui-là. Il vint donc auprès de certain roi, dont on disait couramment qu'aucun autre prince ne l'égalait en puissance. Ce roi, le voyant tel qu'il était, raccueillit volontiers, et lui donna un logement dans son palais. Or, un jour, un jongleur chantait, en présence du roi, une chanson où il nommait fréquemment le diable. Et le roi, qui était chrétien, ne manquait pas de faire le signe de la croix dès qu'il entendait prononcer le nom du diable ; ce que voyant, Christophe, étonné, demanda au roi ce que signifiait le geste qu'il faisait. Et comme le roi refusait de le lui dire, il répondit : « Si tu ne me le dis pas, je quitterai » ton service ! » Alors le roi lui dit : « Chaque fois que » j^entends nommer le diable, je me protège par ce » signe, de peur qu'il ne prenne pouvoir sur moi et ne » me nuise. » Alors Christophe ; « Si tu crains que le » diable ne te nuise, c'est donc qu'il est plus grand et » plus puissant que toi ! Aussi, je vais te dire adieu » et me mettre en quête du diable, pour lui offrir » mes services ; car je n'étais venu ici que parce que » je m'imaginais y trouver le plus puissant prince du » monde ! » Puis il prit congé du roi et se mit en quête du diable. Il rencontra dans un désert une grande armée, dont le chef, personnage féroce et terrible, vint au-devant de lui, et lui demanda où il allait. Et Christophe : « Je vais en quête du diable pour lui » offrir mes services. » Et lui: « Je suis celui que tu » cherches ! » Christophe, tout heureux, le prit pour maître. Mais, comme il passait avec lui devant une croix, élevée au bord d'une route, le diable, épouvanté, s'enfuit et fît un long détour afin d'éviter la
Dblfour. Culture. 18
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croix. Ce que voyant, Christophe, étonné, lui en demanda la cause, le menaçant de le quitter s'il refusait de lui répondre. Alors le diable lui dit : « C'est qu'un » homme appelé Christ a été attaché sur une croix, » et, depuis lors, dès que je vois le signe de la Croix, » j'ai peur et je m'enfuis. » Et Christophe : « C'est » donc que ce Christ est plus grand et plus puissant y> que toi! Ainsi j'ai perdu mes peines, et n'ai pas en- » core trouvé le plus grand prince du monde ! Je vais » te dire adieu, pour me mettre en quête du Christ. » Malgré ses humiliations et ses apparentes défaites, le Dieu des Chrétiens est donc le Fort annoncé parles prophètes. Il a pour symbole le lion de la tribu de Juda, et pour devise, trois verbes latins qui, tous les trois, ont une histoire : Christus vincit, Chrislus régnât, Christus imperat.